Deux plateformes en ligne, Chatiw et Motherless, sont actuellement sous le coup d'investigations judiciaires pour de possibles infractions à caractère sexuel. Le parquet de Paris a indiqué dimanche que les signalements les concernant sont « à l’étude au sein de la section spécialisée en cybercriminalité ». Cette phase d'analyse précède généralement la décision d'ouvrir ou non une enquête.
Motherless accusée de « commerce du viol »
La ministre déléguée chargée de l’Égalité Femmes/Hommes, Aurore Bergé, avait évoqué mercredi à l’Assemblée nationale des signalements auprès du procureur concernant le site Motherless, qui héberge des vidéos d’actes sexuels sur des femmes inconscientes. Selon elle, ce site fait « commerce du viol de femmes ». Samedi, elle a posté sur X : « Motherless est hors ligne ». Elle a ajouté : « Des dizaines de milliers de vidéos de viols, de femmes droguées, de mineures : 62 millions de visiteurs. Ce n’était pas du contenu adulte. C’était du contenu criminel. La fermeture est une victoire. Mais elle ne doit pas être provisoire. »
En mars, CNN avait révélé l'existence de plusieurs plateformes en ligne où des hommes échangent des conseils pour droguer et violer leur conjointe, dénonçant une « académie mondiale du viol ». Motherless était particulièrement visé, avec plus de 20 000 vidéos dans la catégorie « sleep », dédiée aux femmes endormies ou droguées à leur insu.
Chatiw également dans le viseur
La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a indiqué samedi avoir saisi la justice au sujet de la plateforme Chatiw. Ce « tchat en ligne » a fait l'objet d'« alertes sur des messages à caractère sexuel, que des utilisateurs pouvaient recevoir dès leur connexion au service », a-t-elle déclaré au journal Le Monde. Elle a précisé : « Quand on reçoit une alerte sur un site, on vérifie s’il y a des mécanismes de protection suffisants pour éviter qu’un mineur soit confronté à des prédateurs ou à des sollicitations sexuelles. »
Sarah El Haïry avait précédemment annoncé avoir saisi la justice concernant les sites Chaat.fr et legarçon.net, « des sites qui aujourd’hui mettent en contact des pédocriminels », où « il n’y a pas de vérification d’âge ». Fin avril, le parquet de Paris disait « procéder à une première analyse » pour legarçon.net.
Résurgence de Coco
Mi-avril, Sarah El Haïry avait alerté sur la résurgence du site Internet Coco, fermé par la justice en 2024 après avoir été accusé d'avoir permis de nombreux crimes sexuels, dont ceux contre Gisèle Pelicot. Le parquet de Paris a indiqué à l'AFP fin avril avoir « ouvert une enquête sur la réouverture » de Coco.



