Étang d'Ingril : pêcheurs portent plainte après appels à couler leurs bateaux
Pêcheurs portent plainte pour incitation à la destruction

Le représentant des pêcheurs de Frontignan a déposé le 8 juin, au nom de la Prud'homie de Sète, une plainte auprès de la gendarmerie maritime pour incitation à la destruction du matériel de pêche sur l'étang d'Ingril. Cette action fait suite à une série de publications sur la page Facebook du TKC, l'association de kitesurfeurs, appelant à couler les bateaux des pêcheurs et à couper leurs filets. Les messages, depuis retirés, ont provoqué la colère des professionnels.

Des appels à la violence sur les réseaux sociaux

Les posts litigieux incluaient des phrases comme "Coulez les bateaux des 4 pêcheurs intégristes" ou "vous pouvez dans l'étang couper les filets systématiquement". La présidente du TKC, Delphine Termignon, assure que son association n'est pas à l'origine de ces messages et qu'ils ont été immédiatement retirés. "Ce n'est pas le genre de posts que nous tolérons. Nous n'avons jamais appelé à la violence", déclare-t-elle. Malgré cela, Michaël Catalano, représentant des pêcheurs, a porté plainte contre les auteurs et contre le TKC.

Un conflit qui couve depuis 2022

La pêche professionnelle existe sur l'étang d'Ingril depuis les années 1910. Pendant des décennies, les usages ont cohabité pacifiquement. Les premières tensions sont apparues en 2022 entre pêcheurs et kitesurfeurs. En juillet 2024, un pêcheur a agressé des kitesurfeurs après des actes de vandalisme sur ses filets, ce qui lui a valu 18 mois de prison, dont huit avec sursis, et une interdiction de pêche. Pour apaiser les choses, le préfet maritime a pris un arrêté le 21 septembre 2023, réservant une zone de glisse aux kitesurfeurs, à partager avec les pêcheurs. Mais le compromis n'a pas suffi.

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Des tentatives de dialogue infructueuses

Selon Michaël Catalano, les pêcheurs ont adapté leurs horaires pour laisser de la place aux kitesurfeurs, sans résultat. "On leur a même proposé d'utiliser la partie est de l'étang, identique à celle qu'ils avaient. Ils ont refusé. On a compris que la cohabitation était impossible", déplore-t-il. Le TKC a multiplié les actions et les appels sur les réseaux sociaux, aggravant les tensions.

Un nouvel arrêté attendu

La situation dépend désormais d'un nouvel arrêté de la préfecture maritime de Méditerranée, annoncé sous quinze jours après une réunion du comité nautique local le 26 mai. Il devrait réviser les pratiques sur le plan d'eau. Claude Lachello, membre de l'association de chasse maritime de l'étang d'Ingril, estime que les kitesurfeurs sont des "squatteurs" qui ont privatisé indirectement la lagune, pourtant domaine public maritime. Il souligne aussi les risques de vitesse : "La limite autorisée est de cinq nœuds dans la bande littorale de 300 mètres. Par vent fort, ces sportifs ne peuvent pas la respecter. Le potentiel d'accident est élevé." Il juge donc l'abrogation du précédent arrêté justifiée.

Du côté des kitesurfeurs comme des pêcheurs, le nouvel arrêté est attendu avec impatience et appréhension. La plainte déposée pourrait également influencer les décisions à venir.

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