Le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans plus de 110 établissements scolaires et crèches de la capitale, a annoncé dimanche la procureure Laure Beccuau. Près de 80 agents municipaux ont déjà été suspendus depuis le début de l’année 2026.
Des enquêtes dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches
La procureure de Paris, Laure Beccuau, a indiqué dimanche sur RTL que le parquet a ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches. « À l’heure actuelle, au niveau des poursuites, nous avons eu trois ouvertures d’informations judiciaires confiées à des juges d’instruction et cinq convocations devant le tribunal correctionnel », a précisé la procureure, ajoutant qu’un animateur avait été placé en détention provisoire. Ce dossier « est tout à fait une urgence », a-t-elle assuré, soulignant l’importante charge de travail de la brigade criminelle, qui traite ces dossiers ainsi que ceux d’inceste.
Près de 80 agents suspendus en 2026
Depuis début 2026, 78 agents de la ville ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Ces chiffres traduisent un caractère « systémique », selon le nouveau maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire. Face à l’ampleur du scandale, l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo a engagé à la mi-avril un plan d’action d’un coût de 20 millions d’euros pour le périscolaire, « priorité absolue » de son début de mandat. Ce plan prévoit une simplification de la chaîne de signalement avec une cellule d’écoute dédiée, une « transparence totale » aux familles ainsi qu’une professionnalisation d’une filière précarisée – la grande majorité des 14 000 animateurs parisiens sont vacataires.
Appel à la grève des syndicats d’agents périscolaires
Les parents continuent pour leur part de réclamer davantage de mesures. Au-delà de Paris, les collectifs SOS Périscolaire et #MeTooEcole exigent des mesures nationales et une approche interministérielle. À Paris, les syndicats de la profession dénoncent une « politique de répression de la municipalité » qui pratique, selon eux, des « suspensions automatiques » dans une filière en « sous-effectif chronique ». Ils ont appelé à la grève jusqu’au 22 mai.
Les révélations de violences dans le périscolaire parisien ont suscité une vive émotion. Plusieurs affaires récentes ont mis en lumière des faits graves, comme le viol d’un enfant de trois ans dans les toilettes d’une école primaire ou des agressions sexuelles commises par des animateurs. Le parquet insiste sur la nécessité de traiter ces dossiers avec célérité, tandis que la mairie tente de restaurer la confiance des familles.



