Après une année 2025 marquée par 1418 noyades et 409 décès, la France redoute un été encore très meurtrier. L'Occitanie était la troisième région la plus accidentogène avec 194 noyades, dont 72 dans l'Hérault. Face à l'allongement de la période de baignade dû au changement climatique, Santé publique France a avancé d'un mois la surveillance, au 1er mai.
Un bilan alarmant
Yann Le Strat, directeur scientifique de Santé publique France, souligne que l'été 2025 a été particulièrement meurtrier en mer, dans les piscines, cours et plans d'eau. Par rapport à 2024, les noyades ont augmenté de 14 % et les décès de 16 %. Les causes sont multiples : changement climatique allongeant la saison propice aux baignades, fortes chaleurs augmentant la fréquence des bains, manque de vigilance, alcool...
L'été représente environ la moitié des décès par noyades accidentelles en France, soit 800 à 1000 par an. Avec son littoral, ses rivières, lacs et nombreuses piscines individuelles, l'Occitanie est en première ligne. Elle est la troisième région la plus touchée, après Provence-Alpes-Côte-d'Azur (332 noyades) et Nouvelle-Aquitaine (203). L'Hérault est le quatrième département le plus accidentogène avec 72 noyades.
L'impact des vagues de chaleur
Le mois de juin 2025 a été le deuxième plus chaud depuis 2003. Le nombre de noyades varie selon les jours de vacances et les épisodes de forte chaleur. Du 19 juin au 8 juillet, période de vigilance canicule, 355 noyades ont été recensées (dont 106 décès), soit une augmentation de 135 % par rapport à 2024. Du 7 au 19 août, second pic de chaleur, 280 noyades (65 morts) ont été enregistrées, soit +29 %.
Les adultes représentent 57 % des victimes, mais les enfants de moins de 6 ans constituent 27 % des noyades et 5 % des décès. Plus de la moitié des noyades mortelles chez les mineurs surviennent dans des cours d'eau ou plans d'eau.
Prévention : les gestes essentiels
Agnès Verrier rappelle les gestes à adopter : surveiller les jeunes enfants, leur apprendre à nager le plus tôt possible, ne pas les quitter des yeux et se baigner avec eux. Si plusieurs enfants se baignent, un adulte doit être désigné par enfant. Il faut aussi éviter de se baigner en cas de malaise, privilégier les zones surveillées et ne pas consommer d'alcool.
Des initiatives comme Swim Stars proposent des cours d'auto-rescue pour les 3-5 ans, afin d'apprendre les gestes qui évitent la noyade avant l'acquisition de la coordination nécessaire à la nage. Justine Courtial, franchisée à Montpellier, constate que les parents viennent souvent après avoir été confrontés à des drames. Ces cours en petits groupes, dans un cadre privé, permettent un apprentissage adapté au niveau et aux appréhensions de chacun.
Santé publique France insiste sur la nécessité d'une vigilance collective face à ces chiffres alarmants.



