Perquisitions en cours dans une nouvelle affaire de détournements au RN
Nouvelle affaire de détournements au RN : perquisitions en cours

Ce mardi 30 juin, des perquisitions sont en cours dans le cadre d'une nouvelle enquête portant sur des détournements de fonds présumés impliquant le Rassemblement National (RN) et ses alliés au Parlement européen, a appris Le Monde de sources concordantes.

Une enquête pour détournement de fonds publics

L'enquête, ouverte par le parquet de Paris, vise des faits présumés de détournement de fonds publics, de recel et d'abus de confiance. Selon une source proche du dossier, les perquisitions concernent plusieurs locaux du parti à Paris ainsi que des domiciles de personnes proches du RN. Les enquêteurs cherchent à établir si des fonds alloués par le Parlement européen pour des emplois d'assistants parlementaires ont été utilisés à d'autres fins, en particulier pour financer des activités du parti en France.

Cette affaire s'inscrit dans le sillage de précédentes enquêtes similaires, notamment celle dite des « assistants parlementaires » du Front National (ancien nom du RN), qui avait déjà conduit à des mises en examen de plusieurs cadres du parti. Le Parlement européen s'était porté partie civile dans ce dossier, estimant le préjudice à plusieurs millions d'euros.

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Des alliés européens dans le viseur

La particularité de cette nouvelle enquête est qu'elle ne cible pas seulement le RN, mais aussi ses alliés au sein du groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen. Selon une source judiciaire, les investigations portent sur des soupçons de système organisé visant à détourner des fonds européens via des contrats fictifs ou surfacturés. Plusieurs eurodéputés et anciens eurodéputés du RN et de partis alliés (comme la Ligue italienne ou le FPÖ autrichien) pourraient être concernés.

Un ancien assistant parlementaire, qui a témoigné sous couvert d'anonymat, a déclaré au Monde : « On nous demandait de reverser une partie de notre salaire au parti, sous prétexte de cotisations ou de frais de fonctionnement. C'était un système bien rodé. »

Le RN dénonce une « instrumentalisation de la justice »

Interrogé par Le Monde, le RN a réagi par un communiqué dénonçant une « nouvelle instrumentalisation de la justice à des fins politiques ». Le parti affirme que ces perquisitions sont « infondées » et s'inscrivent dans une « persécution judiciaire » contre Marine Le Pen et ses proches. « Nous agissons en toute légalité et nous coopérerons avec les enquêteurs, mais nous ne nous laisserons pas intimider », précise le texte.

De son côté, l'avocat de plusieurs mis en cause, Me Pierre-Édouard Lagraulet, a estimé que « cette affaire est une copie de la précédente, sans aucun élément nouveau probant ». Il a annoncé son intention de déposer une requête en nullité si les perquisitions ne respectent pas les formes légales.

Un préjudice estimé à plusieurs millions d'euros

Selon des sources proches de l'enquête, le préjudice présumé pour le Parlement européen serait de l'ordre de 2,5 millions d'euros pour la période 2014-2020. Les investigations devraient durer plusieurs mois, avec des auditions à venir. Cette affaire intervient alors que Marine Le Pen est candidate à la présidentielle de 2027, ce qui pourrait avoir un impact sur sa campagne.

Les juges d'instruction en charge du dossier devront déterminer si les éléments recueillis justifient des mises en examen. En attendant, les perquisitions se poursuivent ce mardi dans plusieurs villes de France.

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