Publicité Match OGC Nice – Saint-Étienne : la préfecture interdit aux supporters niçois d’approcher le stade et le centre d’entraînement
Un arrêté préfectoral d’interdiction de paraître, signé mercredi 27 mai, encadre drastiquement les abords de l’Allianz Riviera pour le match retour des barrages, vendredi soir. Une décision motivée par une série d’incidents graves ces dernières semaines.
Un huis clos total maintenu et une sanction alourdie
Non seulement le huis clos total de deux matchs fermes à l’Allianz Riviera est maintenu après les incidents du match contre Metz (17 mai), privant le Gym de public pour le barrage retour, mais la FFF a alourdi la peine en infligeant un retrait d’un point avec sursis pour la saison 2026/2027.
Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a signé mercredi 27 mai l’arrêté n°2026-760. Il interdit à tout supporter de l’OGC Nice de se trouver aux abords du stade Allianz Riviera et du centre d’entraînement du club, à l’occasion du match retour des barrages Ligue 1 / Ligue 2 opposant Nice à l’AS Saint-Étienne, vendredi 29 mai à 20 h 45. La rencontre se tient à huis clos.
Une interdiction large, dès midi vendredi
L’arrêté est particulièrement strict sur le périmètre et la durée. Pour justifier cette décision, il évoque une rencontre à fort enjeu pour les deux clubs et le caractère répété « d’événements graves » lors de leurs dernières oppositions respectives. Du vendredi 29 mai à 12 h 00 au samedi 30 mai à 2 h 00, il est donc formellement interdit à toute personne se prévalant de la qualité de supporter de l’OGC Nice d’accéder au stade Allianz Riviera et à ses abords — délimités par le boulevard des Jardiniers, la rue Pancho Gonzalez, l’avenue Gustave Eiffel, l’avenue Auguste Vérola et l’avenue Pierre de Coubertin — ainsi qu’au centre d’entraînement du club (boulevard Jean-Luciano, autoroute A8, chemin des Carriers).
Une rivalité violente avec Saint-Étienne
La décision s’appuie notamment sur la longue histoire de violences entre les groupes ultras des deux clubs. L’arrêté rappelle trois incidents récents : en décembre 2019, un bus d’ultras niçois avait provoqué, selon la préfecture, une rixe avec des supporters stéphanois lors d’un déplacement. En septembre 2021, les supporters niçois avaient été refoulés du stade Geoffroy-Guichard et reconduits jusqu’au péage de Vienne. En septembre 2024, un groupe d’ultras niçois avait « tenté d’affronter les supporters stéphanois sur l’autoroute », rappelle l’arrêté, à hauteur de la sortie menant à l’Allianz Riviera, avant l’intervention des forces de l’ordre. La rencontre a été classée au niveau 4 par la DNLH — le niveau de risque maximal — en raison des troubles à l’ordre public anticipés.
Un printemps noir pour les ultras niçois
Au-delà de la rivalité avec Saint-Étienne, c’est l’accumulation d’incidents récents impliquant les supporters niçois qui a conduit la préfecture à prendre ces mesures exceptionnelles, explique l’arrêté. Le 17 mai 2026, à l’issue du match contre le FC Metz, des supporters niçois avaient envahi le terrain, « commis de nombreuses dégradations et jeté des projectiles sur les forces de l’ordre », avant que des affrontements n’éclatent également à l’extérieur du stade. Ces incidents avaient valu à l’OGC Nice une sanction de la commission de discipline de la LFP : deux matchs à huis clos total et un avec sursis, prononcés le 20 mai. Puis, le 22 mai, à la veille de la finale de la Coupe de France opposant Nice au RC Lens à Paris, une violente rixe impliquant des supporters niçois avait fait sept blessés, dont trois hospitalisés en urgence absolue, et abouti à 65 gardes à vue pour violences volontaires aggravées, destructions, participation à un groupement en vue de commettre des violences et organisation d’une manifestation interdite.
L’arrêté remonte en arrière et rappelle un incident survenu le 30 novembre 2025, après le match face à Lorient : des supporters niçois s’étaient rendus au centre d’entraînement du club pour s’en prendre physiquement aux joueurs, en réaction aux mauvais résultats sportifs.
Impossibilité de mobiliser des forces mobiles supplémentaires
La préfecture invoque par ailleurs le plan Vigipirate porté à son niveau maximal « urgence attentat » sur l’ensemble du territoire national. Dans ce contexte, il est jugé impossible de mobiliser des forces mobiles supplémentaires pour gérer d’éventuels débordements liés aux supporters, sans risquer de détourner les forces de l’ordre de leurs missions prioritaires de lutte antiterroriste.



