Le tribunal correctionnel de Montpellier a ordonné une expertise médicale pour déterminer l'âge de deux sœurs, Cindy et Erika, interpellées le 11 juin pour le vol d'une carte bancaire dans un tramway. Les prévenues, qui se présentent comme mineures (13 et 14 ans) et originaires de Bosnie, ont été maintenues en détention provisoire jusqu'au 17 août, date de la prochaine audience.
Des circonstances de vol bien établies
Les faits se sont déroulés le 11 juin dernier. Les deux jeunes femmes ont observé une femme de 54 ans composer son code confidentiel lors de l'achat de tickets de transport dans le tramway. Elles ont ensuite dérobé sa carte bancaire. Au moment de leur interpellation, près d'un distributeur automatique de billets, elles n'avaient pas eu le temps d'utiliser la carte volée, dont elles s'étaient débarrassées.
Des allégations contestées
À l'audience du 15 juin, les avocates des prévenues ont plaidé la nullité de la procédure, invoquant la minorité de leurs clientes. Cependant, le procureur a souligné l'absence de preuves de cette minorité : « Il n'y a aucun élément comme quoi elles sont mineures. Elles ont en plus refusé de coopérer lors de leur garde à vue. » Les prévenues ont notamment refusé de se prêter au relevé d'empreintes digitales.
L'une des sœurs affirme être enceinte, l'autre souffrir d'un cancer, mais toutes deux ont refusé de consulter un médecin. Elles se disent également sans domicile fixe après avoir fui une grand-mère violente en Bosnie.
Décision du tribunal : expertise médicale et maintien en détention
Les juges ont décidé de renvoyer le dossier au 17 août pour permettre une expertise médicale établissant l'âge des prévenues. Le ministère public a requis le maintien en détention provisoire, arguant qu'« elles ne se présenteront jamais à l'expertise médicale. Outre le risque de renouvellement des faits, il y a chez elle une volonté de se soustraire à la justice ». Les juges ont suivi ces réquisitions.
Les avocates des jeunes femmes avaient plaidé pour leur remise en liberté, les décrivant comme « dans une extrême précarité, sous la coupe de réseaux mafieux, leur place n'est pas en prison ». En quittant la salle d'audience, les deux sœurs pleuraient.



