L'affaire du meurtre étrange perpétré à Connaux la semaine dernière mobilise les enquêteurs de la gendarmerie. Le point sur l'attaque ultra-violente de cette femme qui exerçait comme pharmacienne à Tresques.
Un meurtre sans mobile apparent
C'est avec cette faille que l'affaire du meurtre de Connaux a démarré, avec la découverte du cadavre d'une femme dans son jardin. Les faits remontent au jeudi 11 septembre au matin quand la malheureuse a été retrouvée dans sa propriété, située dans une petite commune proche de Bagnols-sur-Cèze. Immédiatement, les gendarmes ont été prévenus et ont déclenché un dispositif significatif pour tenter de récolter des indices et des témoignages.
Ainsi, le groupement de gendarmerie du Gard a dépêché non seulement des enquêteurs de la compagnie de Bagnols mais aussi les techniciens en identification criminelle (Tic) pour analyser la scène de crime et effectuer prélèvements et photos des lieux. Ces experts en homicides prennent en charge toute la partie scientifique de la scène de crime avec des relevés d'empreintes digitales ou de traces ADN potentiellement laissées sur les lieux ou sur la victime, qui a succombé à une attaque à l'arme blanche dans un climat de grande violence.
À cet égard, la procureure de la République de Nîmes avait évoqué dans un communiqué que la victime présentait des traces de violences et de sang.
Que s'est-il passé dans la propriété de Connaux ?
Les enquêteurs de la gendarmerie, ceux de la brigade de recherches de Bagnols et de la section de recherches de Nîmes vont poursuivre leurs investigations pour d'abord comprendre ce qui a motivé le passage à l'acte. Un rôdeur ou un cambrioleur a-t-il tenté de voler des objets et se serait retrouvé fortuitement face à la victime ? La malheureuse était pharmacienne et très connue dans la région. Sa mort terrifiante a ému tout un village et toute une profession, car cette dame était aussi connue à Nîmes où elle avait exercé par le passé.
Autopsie imminente
La piste d'un déséquilibré, qui n'est pas à exclure, sera probablement examinée par les gendarmes. Les enquêteurs ont interrogé en garde à vue un membre de la famille qui a été relâché, car son emploi du temps et sa version tendraient à exclure toute participation à l'homicide. En marge de la thèse d'un rôdeur ou d'un cambriolage qui tourne mal, les services enquêteurs n'écartent aucune piste.
Si les gendarmes ne ménagent pas leurs efforts pour identifier le tueur de la pharmacienne, ce lundi 15 septembre, le mystère demeurait et aucune piste n'a été évoquée officiellement. L'autopsie pourrait être réalisée d'ici à ce mardi à l'institut de médecine légale de Nîmes. En complément du travail de police scientifique et des prélèvements réalisés par les Tic, les légistes de l'IML réalisent de leur côté de nombreux prélèvements ADN sur le corps de la victime. Conjugués aux multiples relevés biologiques réalisés sur la scène de crime, ils permettent parfois d'identifier un profil ADN. Mais pour confondre un suspect, il faut qu'il soit dans le fichier des empreintes génétiques à l'occasion d'une précédente affaire judiciaire. Parfois, les résultats des extractions ADN peuvent être révélés en 48 heures.
Pharmacienne sans histoire
Dans les tout prochains jours, la justice pourrait ouvrir une information judiciaire pour meurtre. Le dossier serait alors confié à un juge d'instruction dont les moyens juridiques permettent d'élargir les investigations et ordonner des vérifications téléphoniques, des extractions de vidéosurveillances, des bornages de téléphones. À Connaux, l'évolution de l'enquête est suivie de près par la population, qui demeure accablée par la peur et le choc du meurtre d'une pharmacienne sans histoire. Certains redoutent une nouvelle attaque, mais à la lumière des moyens engagés par les militaires, cette éventualité semble peu vraisemblable.
À Tresques, village où la victime exerçait comme pharmacienne, la tristesse et la révolte sont les sentiments qui traversent la population, notait ce lundi le docteur Alexandre Pissas, le maire de la commune. Les investigations sont en cours avec l'appui de la section de recherches de Nîmes.



