Entre 250 et 300 jeunes s'étaient rassemblés mardi matin devant le lycée Germaine-Tillion, situé dans un quartier populaire de Montbéliard (Doubs), après une première mobilisation vendredi émaillée d'échauffourées. La raison de la colère ? Des élèves, des parents d'élèves et des enseignants de ce lycée dénoncent notamment la vétusté des locaux et le manque d'écoute des autorités éducatives, selon Nathalie Faivre, secrétaire départementale du syndicat Snes-FSU.
Problème, la mobilisation a dégénéré. Un professeur a été blessé à la tête lors de la manifestation lycéenne en marge de laquelle deux mineurs ont été interpellés, ont indiqué le procureur et la police. Un peu avant 10 heures, « une trentaine d'individus particulièrement violents » se sont détachés du rassemblement pour prendre à partie des policiers sur place, a indiqué lors d'un point presse le chef du commissariat de Montbéliard, Paul Mangin. Des « projectiles » et des « pavés en béton » ont été jetés en direction des agents, déclenchant une riposte avec des gaz lacrymogènes, a-t-il détaillé. Dans l'après-midi, des affrontements ont repris avec des incendies de poubelles.
Deux mineurs placés en garde à vue
Deux mineurs de 16 ans, qui ne sont pas scolarisés dans le lycée, ont été interpellés et placés en garde à vue, accusés de participation à un attroupement, violences avec arme et destruction de biens par moyen dangereux, a indiqué le procureur, Paul-Édouard Lallois. L'un des deux vit à Besançon, à 80 kilomètres de là, et l'autre, placé dans un foyer à Montbéliard, a déjà un casier judiciaire, a précisé le procureur. Le rectorat a quant à lui confirmé qu'un enseignant avait été blessé lors des affrontements dans la matinée.
Circonstances de la blessure contestées
La police et le parquet n'ont pas été en mesure de donner des précisions sur les circonstances de sa blessure, qui serait « a priori » légère. Le professeur a reçu des points de suture à l'hôpital, selon Nathalie Faivre. Selon elle, il a été blessé par un éclat de grenade de désencerclement, une affirmation catégoriquement contestée par le chef de la police, pour qui cette arme n'a pas été utilisée par les agents sur place. L'inspecteur d'académie s'est rendu sur les lieux mardi afin d'écouter les doléances des élèves, parents d'élèves et personnels, dont une partie s'était mise en grève, a indiqué le rectorat.



