La 5e édition de la Ronde des Capucins, organisée dimanche 10 mai à Saint-Aunès, a été marquée par une violente agression à l'encontre d'un élu municipal chargé de sécuriser le parcours des coureurs. Deux plaintes ont été déposées.
Une matinée sportive qui tourne au drame
Ce qui devait être une matinée sportive et conviviale a basculé dans la violence gratuite, ce dimanche 10 mai, dans le cadre de la 5e édition de la Ronde des Capucins à Saint-Aunès, à l'ouest de Montpellier. Aux alentours de 10 heures, au croisement des avenues Frédéric-Bazille et Paul-Cézanne, un élu de la commune a été violemment frappé au visage par un automobiliste alors qu'il participait à la sécurisation de la course.
Comme lors des éditions précédentes, une vingtaine de bénévoles, parmi lesquels plusieurs élus municipaux, étaient mobilisés ce jour-là pour permettre le passage des véhicules sans fermer totalement les rues traversées par cette course pédestre. À certains carrefours, des barrières obligeaient les automobilistes à ralentir, voire à s'arrêter lorsque des coureurs passaient.
Une voiture arrive à vive allure
Selon plusieurs témoignages concordants, une voiture blanche serait arrivée « à vive allure » alors que deux coureurs étaient engagés dans la traversée. Joignant les gestes à la parole, le représentant municipal a immédiatement demandé au conducteur de stopper son véhicule. Une requête que n'a pas appréciée l'automobiliste, qui n'a pas hésité à répondre par des insultes et des propos virulents.
Déclinant aussitôt son statut, l'élu et un autre bénévole ont dès lors tenté de calmer la situation et d'expliquer qu'il s'agissait d'un événement organisé par la mairie, en maintenant le vouvoiement et le respect. Des explications qui n'ont pas eu l'effet escompté. Après s'être garé quelques mètres plus loin, le mis en cause est descendu de son véhicule et s'en est pris au binôme. Après avoir repoussé le bénévole, il a porté « un coup de poing extrêmement violent » à la tempe droite de l'élu, tout en l'accusant de « manque de respect » et de racisme.
Plusieurs témoins s'interposent
Sous le choc, la victime a titubé avant que deux spectateurs n'interviennent pour éloigner l'agresseur. Plusieurs familles, dont des enfants, ont assisté à la scène. Une mère de famille aurait filmé les faits et témoigné auprès de la gendarmerie.
Transporté aux urgences de la clinique du Millénaire à Montpellier, puis pris en charge à l'unité tête et cou de l'hôpital Gui-de-Chauliac, la victime s'est vu prescrire sept jours d'incapacité totale de travail pour un traumatisme facial. Plus de deux jours après les faits, elle souffre encore de maux de tête et de troubles de la vision de l'œil droit. Et heureusement qu'elle a rapidement quitté les lieux, car son agresseur est revenu 30 minutes plus tard « pour en découdre » à nouveau, selon plusieurs témoins.
« Comment peut-on attaquer ainsi un élu de la collectivité ? »
Très marqué psychologiquement, le conseiller municipal, qui souhaite garder l'anonymat à ce stade de la procédure, dit ne pas comprendre « comment on peut attaquer ainsi un élu de la collectivité » alors qu'il accomplissait une mission de sécurité. Entamant son second mandat, il confie avoir envisagé de démissionner dès le soir de l'agression : « Je me suis engagé pour aider les autres, pas pour prendre des coups. » Mais face aux nombreux messages de soutien reçus de la part d'autres élus, du tissu associatif et de nombreux habitants, il a finalement décidé de poursuivre son engagement municipal.
« Ce qui s'est passé est inadmissible, je ne veux pas fuir », s'insurge-t-il avant d'indiquer qu'il avait porté plainte à titre personnel. Il a été imité par la commune de Saint-Aunès, qui lui assure de tout son soutien. L'auteur présumé des faits, qui a été identifié, doit pour sa part être entendu prochainement par les gendarmes de la compagnie de Lunel, saisis de l'enquête.



