Canicule juin 2026 : bilan sanitaire impossible en temps réel
Canicule juin 2026 : bilan sanitaire impossible

Mercredi 24 juin 2026, Paris a enregistré 40,3 °C, la quatrième fois en 150 ans que la capitale dépasse les 40 °C. Après les records de chaleur, le décompte des victimes de la canicule commence, mais le bilan en temps réel reste impossible. L'été 2025, parmi les plus chauds, avait vu plus de 24 000 passages aux urgences liés à la chaleur et environ 5 700 décès attribués aux fortes chaleurs, soit plus de 3 % de la mortalité observée, selon Santé publique France (SPF).

Des signaux inquiétants malgré l'absence de chiffres

Ce vendredi 26 juin, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, s'est dite « préoccupée » par des « décès à domicile », tandis que le Samu d'Ille-et-Vilaine signalait son record absolu d'appels la veille. L'impact sur la mortalité reste inconnu, la saison estivale débutant à peine. Ce n'est qu'à la mi-juillet que SPF communiquera une estimation de la mortalité « en excès », en comparant le nombre de décès enregistrés à celui attendu hors canicule, sur la base des données Insee. Les constats ne se préciseront qu'après plusieurs semaines.

« Il y a des décès comme tous les jours et comme dans toutes les vagues de chaleur. On ne peut pas confirmer absolument le lien de causalité et l'imputabilité. C'est fait a posteriori avec des analyses patient par patient », expliquait jeudi le ministère de la Santé. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a constaté une « mortalité en hausse » dans la capitale, sans donner de chiffres. Vingt-cinq arrêts cardiaques ont été recensés « en 24 heures » mercredi, contre « moins de dix habituellement », selon le cabinet de la ministre.

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Noyades et risque suicidaire en hausse

Les chiffres officiels ne prendront pas en compte l'ensemble des conséquences indirectes. Depuis le 18 juin, 40 personnes sont décédées par noyade. Rien que mercredi, quatre noyades ont été recensées par la gendarmerie, avec un risque majoritaire d'hydrocution dû à une eau très fraîche et à l'absence de surveillance sur de nombreuses plages.

Le gouvernement attire l'attention sur les conséquences psychologiques et le risque suicidaire. « Nous allons mobiliser les services et établissements de psychiatrie pour qu'ils appellent les patients qui sont chez eux et qui sont potentiellement à risque d'avoir une décompensation », affirme l'entourage de la ministre. Selon une méta-analyse de The Lancet, chaque hausse d'un degré de la température entraîne une augmentation des suicides de 1,5 %. La chaleur affecte particulièrement les personnes ayant des troubles psychiques.

Effets retardés et mobilisation sanitaire

Météo-France annonce une chaleur moindre dans les prochains jours, mais les conséquences sur l'organisme peuvent se faire ressentir cinq à dix jours plus tard, prévient le ministère, qui insiste sur la prévention : rester au frais, bien s'hydrater et éviter les efforts physiques. Le chef des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou (AP-HP), Philippe Juvin, également député Les Républicains, a estimé « probable » une hausse de la mortalité « pendant deux-trois jours minimum », évoquant une situation « extrêmement grave » dans son service.

Le gouvernement a déclenché jeudi le niveau 3 du plan Orsan, le plus élevé, face à « une arrivée plus importante, plus massive de patients aux urgences ». Selon le ministère, « on a une multiplication par quatre des passages aux urgences pour des raisons liées à la chaleur (hyponatrémie, hyperthermie, déshydratation) et une multiplication par quatre aussi des appels à SOS Médecins sur les dernières 24 heures ». SPF observe des augmentations très importantes de recours aux soins pour hyperthermies/coups de chaleur chez les 15-44 ans entre le 21 et le 22 juin. Entre juin et septembre, la chaleur provoque entre 3 000 et 7 000 décès par an, dont 71 % de personnes de plus de 75 ans.

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