Cécile Kohler et Jacques Paris témoignent de leur détention « inhumaine » en Iran
Kohler et Paris témoignent de leur détention en Iran

Cécile Kohler et Jacques Paris témoignent de leur détention « inhumaine » en Iran

Après près de quatre ans de calvaire en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris ont enfin retrouvé la liberté. Accueillis ce mercredi 8 avril 2026 par le président Emmanuel Macron à l'Élysée, les deux enseignants ont partagé les horreurs de leur détention, qualifiée d'« inhumaine » et marquée par un « arbitraire permanent ».

Un retour émouvant après des années d'épreuve

Cécile Kohler, professeure de lettres âgée de 41 ans, et Jacques Paris, enseignant retraité de 72 ans, avaient été arrêtés le 7 mai 2022 lors d'un voyage touristique en Iran. Condamnés en octobre 2025 à respectivement 20 et 17 ans de prison pour espionnage, ils ont été libérés le 4 novembre dernier mais interdits de quitter le pays jusqu'à leur retour en France. Leur arrivée à Paris-Charles-de-Gaulle a été un moment intense, où ils ont pu serrer leurs proches dans leurs bras après des années de séparation.

Dans les jardins de l'Élysée, Emmanuel Macron leur a offert une longue accolade, exprimant son « extrême bonheur » de les voir libres. « C'est un bonheur immense de les prendre dans nos bras enfin », a déclaré Cécile Kohler, visiblement émue. Jacques Paris a ajouté, souriant : « Nous ne sommes pas brisés, nous allons témoigner ».

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Des conditions de détention décrites comme « inhumaines »

Les deux Français ont dénoncé avec force les conditions de leur emprisonnement, notamment dans la prison d'Evine, qu'ils ont décrite comme « le centre de répression principal en Iran ». Jacques Paris a témoigné : « Nous étions des otages, des otages d'État. Nous avons été traités dans des conditions extrêmement difficiles. On peut même dire que nos conditions de détention étaient inhumaines ».

Ils ont détaillé les privations subies :

  • Enfermement au centre d'interrogatoire sans aucun droit.
  • Interdiction de lire et d'écrire.
  • Yeux bandés dès la sortie de leur cellule.
  • Contacts familiaux « épisodiques et extrêmement brefs ».
  • Menace permanente et impossibilité de choisir leurs défenseurs.

Cécile Kohler a évoqué l'« horreur quotidienne » de cette période, soulignant le soulagement de retrouver leurs proches.

Un processus de libération complexe et diplomatique

La libération de Cécile Kohler et Jacques Paris est le résultat d'un « effort de très longue haleine », selon l'Élysée. Les autorités françaises, avec l'aide de médiateurs comme les Omanais, ont travaillé sans relâche dans un contexte compliqué par la guerre en Iran, qui a éclaté le 28 février. Emmanuel Macron a été le premier chef d'État occidental à s'entretenir avec le président iranien Massoud Pezeshkian après le début du conflit, un élément qui a probablement joué un rôle décisif.

Une source diplomatique iranienne a réagi : « Le cessez-le-feu annoncé en Iran et le retour des deux Français est une double satisfaction ». Elle a également salué le rôle d'Oman, pays ami de l'Iran, dans les négociations.

Cette libération marque la fin d'une « terrible épreuve de trois ans et demi », comme l'a souligné le président Macron, et ouvre la voie à un témoignage crucial sur les conditions de détention en Iran.

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