Un Belge de 36 ans, informaticien salarié à Monaco, a été condamné ce vendredi 26 juin 2026 à six mois de prison avec sursis, 300 euros d'amende et une interdiction de conduire sur le territoire pendant un an, après un grave accident de moto survenu la veille dans le tunnel Rocher, en Principauté.
Un accident évité de justesse
Le jeudi 25 juin 2026, peu avant 2 heures du matin, au terme d'une soirée arrosée avec des amis, le prévenu a pris la route à moto en direction de Nice. Dans le tunnel Rocher, il a perdu le contrôle de son deux-roues et a violemment percuté un mur. Les policiers, alertés par le Centre intégré de gestion de la mobilité, ont relevé un taux d'alcool de 1,15 mg/l d'air expiré, soit 2,30 g/L de sang, un niveau proche du coma éthylique.
Lors de son audience au palais de justice de Monaco, le prévenu est apparu sérieusement amoché : un t-shirt blanc déchiré, des ecchymoses sur le visage et un bandage à la main droite. Il a reconnu les faits en marmonnant des excuses : « C'était stupide. Je n'avais plus la raison, je n'aurais jamais dû prendre mon véhicule. »
Les réquisitions du parquet
Florestan Bellinzona, président du tribunal correctionnel, a interpellé le prévenu : « Vous êtes à un ou deux verres du coma éthylique. Comment pensez-vous être une seule seconde en état de conduire ? » Le magistrat a rappelé la gravité de l'acte : « La dernière fois que l'on a eu un accident dans un tunnel non loin de là, on a eu deux personnes dans un cercueil et deux autres handicapées à vie. » Un silence gêné a alors envahi le box des prévenus.
Frédéric Cousin, premier substitut du procureur général, a souligné la chance du prévenu : « Il a de la chance d'être en chair et en os devant nous. Il aurait pu y laisser la vie ou être devant ce tribunal pour homicide involontaire. La Principauté a été trop souvent le théâtre de drames sur la route. » Il a requis deux mois de prison avec sursis, en raison de l'absence d'antécédent judiciaire, une interdiction de conduire pour huit mois et une amende de 300 euros pour défaut de maîtrise.
La plaidoirie de la défense
En défense, Me Lionel Dick a plaidé la prise de conscience de son client : « Au-delà de la douleur ressentie, il en ressort complètement traumatisé. Il a commis une erreur qui aurait pu lui être fatale, pour lui mais aussi pour les autres. Vous ne le reverrez jamais ici. » L'avocat a demandé une dispense d'inscription au casier judiciaire B2, requête refusée par le tribunal.
Le verdict
Après délibéré, la formation collégiale a condamné le prévenu à six mois de prison avec sursis, 300 euros d'amende et une interdiction de conduire sur le territoire pendant un an. Une peine plus lourde que les réquisitions, mais qui reflète la dangerosité de l'acte et la volonté de prévenir de nouveaux drames sur les routes monégasques.



