Ce mercredi 10 juin, six ans après la mort de Marwa à la suite d'une erreur médicale aux urgences de Sète, le tribunal judiciaire de Montpellier a reconnu l'infirmier et le centre hospitalier coupables d'homicide involontaire. Une page se referme pour la famille Fadil.
Un verdict attendu depuis six ans
Six ans après la mort de leur fille et un procès qui s'est tenu le 12 mai dernier, la famille Fadil vient d'obtenir ce qu'elle réclamait : une condamnation. Le tribunal judiciaire de Montpellier a reconnu ce mercredi 10 juin l'infirmier et le centre hospitalier de Sète coupables d'homicide involontaire dans le décès de Marwa, 11 ans, morte le 27 mai 2020 à l'hôpital de Montpellier, après avoir reçu deux jours auparavant une injection d'adrénaline à la place de Spasfon aux urgences de Sète.
Des peines inférieures aux réquisitions
L'infirmier a été condamné à 18 mois de prison assortis intégralement d'un sursis simple. Le centre hospitalier écope, lui, d'une amende de 100 000 €, dont 70 000 € avec sursis, la présidente du tribunal invoquant "les difficultés financières" de l'établissement. Aucune peine de prison n'a été évoquée pour ce dernier puisqu'il s'agit d'une personne morale et non physique. Ces peines sont en deçà des réquisitions du parquet, qui avait demandé deux ans de prison avec sursis simple pour les deux et 250 000 € d'amende assortis d'un sursis de 100 000 € pour l'hôpital. Le centre hospitalier et l'infirmier ont désormais dix jours pour faire appel de la décision. Pour les dommages et intérêts des parties civiles, le jugement sera rendu par la juridiction compétente, à savoir le tribunal administratif.
La réaction de la famille
La directrice du centre hospitalier, l'infirmier et leur avocat ont quitté le tribunal, se refusant à tout commentaire. Dans la salle des pas perdus, Samira Fadil, la maman de Marwa, s'est arrêtée un instant, entourée des siens et de son avocate, Me Juliette Péchier. "Je voulais qu'une condamnation soit prise et que le mot coupable soit prononcé. Nous y sommes arrivés. Je vais pouvoir commencer à me reconstruire, ainsi que toute ma famille, même si notre peine est à vie puisque nous l'avons perdue à tout jamais", confie-t-elle. Pour son avocate, le jugement répond à l'essentiel. "Aucune peine ne pourra jamais soulager leurs souffrances. Ce qu'attendait aujourd'hui la famille Fadil, qui se bat depuis six ans, ce n'était pas une peine de prison, mais que les responsabilités pénales de l'hôpital et de l'infirmier soient reconnues. Elle a obtenu gain de cause. Cette enfant n'est pas décédée pour rien."
Une amertume persistante
Reste une amertume tenace sur le montant de l'amende infligée à l'hôpital. "Je suis en colère. Cette amende ne représente rien pour l'hôpital. Il s'en sort trop bien", s'emporte Hinda, la fille de Samira. "Ce qu'ils ont fait est impardonnable", abonde Malika, sa tante. Le dossier n'est pas totalement clos. Le tribunal administratif devra encore statuer sur les dommages et intérêts des parties civiles.



