Incendie dans les Pyrénées-Orientales : 4900 hectares brûlés, l'attente des sinistrés
Incendie Pyrénées-Orientales : 4900 ha brûlés, sinistrés attendent

L'incendie qui a débuté samedi soir à Trévillach, au pied du Canigou, continue de mobiliser d'importants moyens. Ce mardi après-midi, 900 pompiers des Pyrénées-Orientales et de 29 départements, ainsi que des contingents européens, étaient encore engagés contre les flammes. Près de 4 900 hectares ont déjà été parcourus par le feu, et au plus fort de l'incendie, la progression atteignait 2 km/h, selon la préfecture des Pyrénées-Orientales.

Des sauts de feu et des contrefeux

La préfecture a précisé qu'il y avait eu des sauts de feu en raison des conditions climatiques difficiles. Cependant, grâce à l'allumage de contrefeux, les flammes n'avaient pas progressé au cours de la nuit précédente. Le colonel Eric Belgioino, commandant des opérations de secours, a annoncé un bilan de 46 infrastructures impactées, dont la moitié de cabanons. Le directeur du Sdis 66 a ajouté que des milliers d'habitations avaient été sauvées. Le patron des pompiers s'est félicité du bilan humain : "Il n'y a, à ce jour, aucun mort et aucun blessé grave."

Autres feux dans l'Hérault et en Lozère

Dans l'Hérault, le feu de Carlencas, au-dessus de Bédarieux, contenu depuis lundi, a repris mardi à la mi-journée, parcourant rapidement trois hectares de végétation sèche. Face à un front de flammes de 100 mètres, d'importants moyens nationaux, dont quatre Canadair, ont été déployés en urgence. L'eau et l'électricité ont été coupées. Dans l'après-midi, le vent s'est levé, laissant craindre un bilan plus élevé que les 280 hectares déjà parcourus. De premiers riverains étaient évacués en début de soirée.

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En Lozère, un incendie s'était déclaré lundi soir à Saint-Bonnet-Laval, parcourant environ 150 hectares et menaçant un hameau. Il était fixé mardi, mais quelques foyers restaient privés d'électricité. Un autre feu s'était déclaré à Hures-la-Parade, parcourant 200 hectares avant d'être fixé.

Moyens aériens massifs et vigilance accrue

Tout au long de la journée de mardi, la lutte acharnée des soldats du feu s'est poursuivie sur le terrain. "Les moyens aériens ont été fortement mobilisés au travers de sept Canadair, deux Dash, quatre hélicos et six air-tractor, dont certains viennent de pays européens (Chypre, Suède et Espagne)", selon la préfecture. Si le vent s'était un peu calmé, le retour de la tramontane pour ce mercredi 8 juillet est redouté. "Le feu étant complexe, il convient de rester vigilant. Le massif des Aspres reste à surveiller", ajoute la préfecture.

Les habitants de Taulis et Taillet ont pu rentrer chez eux mardi, mais la grande majorité des personnes évacuées depuis dimanche n'y ont pas été autorisées. "Des patrouilles de gendarmerie seront sur place pour veiller au bon respect des consignes de sécurité et pour prévenir de toute tentative de pillages", rassurait la préfecture.

Au centre d'accueil, l'angoisse et l'attente

Au centre d'accueil du Soler, ouvert depuis dimanche soir, Véronique Olier, adjointe au maire, reçoit les réfugiés. "Près de quatre-vingts personnes sont accueillies ici. Certains arrivent ici presque en pleurs. Deux familles que nous hébergeons ont vu leur maison ravagée par les flammes… C'est très difficile." Une épreuve compliquée mais "bien gérée, surtout ici, au refuge", assure Grégory, sinistré qui garde un œil sur son sac, les seules affaires qu'il a embarquées avant de quitter son logement. Arrivé tard dans la nuit de dimanche à lundi, ce trentenaire habitant à Corbère-les-Cabanes fait partie des 10 000 sinistrés évacués.

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Depuis, l'attente. "On est bien pris en charge", explique-t-il. Sylvie et Albert, un couple de retraités également évacué de Corbère-les-Cabanes dimanche soir dans l'urgence, confirment : "On est nourri, logé… Dans ces moments compliqués, il est vrai que l'on se sent soutenu." Ils patientent et ne savent pas quand ils pourront rentrer chez eux. Des coupures de courant persistaient mardi dans le secteur, et la route principale (RD66) qui relie Perpignan à la montagne avait rouvert partiellement pour permettre aux grandes surfaces de se ravitailler et au personnel soignant de se rendre auprès de leurs patients. Autant de signaux positifs après trois jours et trois nuits d'enfer, mais avec toujours un œil sur les prévisions météo pas forcément favorables pour la journée de mercredi.