Trois morts, 14 personnes légèrement blessées, une cinquantaine prises en charge et déplacées dans un gymnase. C'est le bilan du terrible incendie qui a frappé ce lundi matin la ville de Décines-Charpieu dans l'Est lyonnais (Rhône) et le quartier sensible du Prainet où plusieurs logements d'un immeuble de la rue de Sully sont partis en fumée. Le feu s'est déclaré au petit matin dans ce bâtiment de huit étages situé au numéro 18, juste en face du groupe d'enseignement privé musulman Al-Kindi.
Vers 7h30, au moins trois feux de palier ont été constatés dans la cage d'escalier de cette résidence à la façade claire construite il y a une quarantaine d'années et réhabilitée depuis. Les flammes se sont très rapidement propagées aux appartements concernés, piégeant plusieurs locataires. L'un d'eux a été retrouvé calciné dans son logement, un autre s'est défenestré depuis le dernier étage, tandis qu'une troisième personne est décédée sur son balcon.
Une piste criminelle liée au narcotrafic
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'incendie serait d'origine criminelle, vraisemblablement lié au narcotrafic qui sévit dans ce quartier. Les enquêteurs privilégient la thèse d'un règlement de comptes entre dealers. Cette hypothèse attise une colère palpable parmi les habitants, qui se sentent abandonnés par les autorités.
Les habitants témoignent
« On a peur de se faire descendre », confie un résident, sous couvert d'anonymat. « Cela fait des années qu'on dénonce les trafics, mais rien ne change. Aujourd'hui, on pleure des morts. » Un autre habitant ajoute : « Les dealers font la loi ici. On vit dans la terreur. »
La mairie de Décines-Charpieu a annoncé l'ouverture d'une cellule psychologique pour les victimes et leurs proches. Une enquête a été confiée à la police judiciaire de Lyon.



