Le faux pas de trop à Auxerre
Battu et dépassé par Auxerre au classement avant l'ultime journée, l'OGC Nice n'a plus son destin en main dans la course au maintien. Performer et espérer, voilà à quoi il est condamné contre Metz.
Le Gym s'est sabordé
Des joueurs dépités et à terre, des supporters en colère, Wahi proche de perdre ses nerfs, chahuté verbalement par quelques fans auxerrois… L'après-match a été digne du scénario catastrophe qui venait de s'écrire sous nos yeux. Nice ne devait absolument pas perdre à Auxerre et c'est exactement ce qu'il a fait dimanche pour mieux confirmer l'idée qu'il n'a jamais été un club de « finale ». Et pire, qu'il est à sa place tout en bas du tableau.
Maintenu, le Gym l'a pourtant été. Un gros quart d'heure. Le but de Diop (9e) était venu récompenser sa grosse entame. Peut-être a-t-il cru que le travail était terminé ? Alors que les Niçois auraient dû continuer à être conquérants, ils n'ont fait que reculer, en même temps que les têtes et les jambes commençaient à trembler. Une terrible faillite mentale et technique. L'attaque a éteint le contact, le milieu a été insignifiant et la jeune défense centrale, sous les yeux de Dante sur le banc et impuissant, a été rattrapée par ses limites, celles qu'elle avait pourtant su éloigner contre des équipes d'un tout autre calibre.
« Auxerre a mérité sa victoire pour son investissement, son intensité », n'a pu que constater Claude Puel, un coach qui n'est pas apparu plus inspiré que ses joueurs. Déjà fautif contre Lens, Yéhvann Diouf, lui, a vu l'AJA marquer sur deux de ses quatre petits tirs cadrés. Et s'il ne peut rien sur le premier, il est largement fautif sur le second, qui pourrait coûter très cher à la fin de la saison...
Dans les couloirs de l'Abbé-Deschamps, les têtes étaient basses, les membres de la délégation niçoise abasourdis de voir leur équipe s'être laissée renverser dans de telles proportions. Touchés aussi par cette claque de plus dans une saison où il a déjà fallu encaisser beaucoup. C'est d'ailleurs avec l'objectif d'éviter le coup de grâce que les Niçois joueront dimanche.
Triangulaire pour le maintien
Nice (16e), Auxerre (15e), Le Havre (14e) : trois équipes vont se battre à distance pour échapper aux barrages contre le vainqueur des playoffs de L2 (Saint-Etienne, Rodez ou le Red Star). Si le Gym a perdu la main sur son destin en même temps que l'AJA le rattrapait et le dépassait à la différence de buts (-12 contre -23), si l'inquiétude est immense, il peut encore espérer une issue heureuse.
Il garde d'ailleurs les faveurs des probabilités par rapport aux Icaunais, qui se rendront à Lille (3e), invaincu depuis 13 rencontres et bien lancé vers une Ligue des champions qu'il devra sécuriser. Le HAC, de son côté, peut aussi s'inquiéter malgré son point d'avance sur ses poursuivants car il reste sur 11 matchs sans victoire (6 nuls, 5 défaites) avant de se déplacer à Lorient, équipe déterminée à offrir la sortie qu'il mérite à son coach Olivier Pantaloni.
Assis sur le siège maudit au pire des moments, le Gym a la position la plus inconfortable mais il sera maintenu s'il bat Metz et qu'Auxerre ou Le Havre ne gagne pas. Autre scénario favorable : s'il fait nul face aux Messins, et que ce résultat s'associe à un revers d'Auxerre. Bref, il y a des motifs d'espoir. Mais aussi tellement de raisons de s'inquiéter.
Metz, c'est pas gagné...
Le multiplex de dimanche va être éprouvant pour les cœurs, la semaine qui le précède sera la source de nombreuses interrogations. Puisque le Gym semble davantage compter sur les autres que sur lui, quel visage affichera son adversaire, bon dernier de L1 à l'Allianz Riviera ? Celui d'une équipe déjà en vacances ou d'un groupe libéré de toute pression et ayant à cœur de montrer un peu d'honneur après l'humiliation infligée par les Merlus (0-4) ?
Metz n'a que trois succès à son compteur. Mais parmi ses très rares victimes, il y a eu Nice évidemment (défaite 2-1)... « J'espère qu'on s'endormira tous avec cette idée en tête que ce match sera très compliqué, mais qu'il faudra à tout prix le gagner », témoigne Morgan Sanson. Oui, sauf que gagner, le Gym l'a très peu fait cette saison en L1 (7 victoires, seulement 2 en 17 matchs sous Puel), encore moins à la maison où il court après un premier succès depuis le 29 octobre.
Finir à domicile est censé être un avantage. Mais la disette de sept mois est quand même une pierre sacrément encombrante dans le jardin niçois.



