Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné Yann M., 39 ans, à quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis probatoire, pour des agressions sexuelles répétées sur son beau-fils mineur. Les faits se sont déroulés entre février 2009 et décembre 2012 à Tanneron, dans les Alpes-Maritimes. Le prévenu, qui s'est présenté sans avocat, a été reconnu coupable d'agression sexuelle imposée à un mineur de moins de 15 ans.
Une famille recomposée brisée par les aveux
Yann M., originaire de Boulogne-sur-Mer, vivait en couple avec une mère de deux enfants. Deux autres enfants sont nés de cette union. La famille recomposée semblait heureuse jusqu'à ce que l'un des enfants du premier lit, aujourd'hui âgé de 24 ans, révèle à son père les abus subis. La victime a expliqué que les agressions avaient commencé alors qu'elle n'avait que 8 ans et se sont poursuivies jusqu'à ses 10 ans. « On regardait souvent la télé le week-end, assis tous les deux sur le canapé », a-t-elle témoigné. « J'étais alors nu sous mon pyjama. Il commençait par me caresser le dos puis descendait jusqu'à mon zizi, qu'il touchait aussi. Il faisait ça discrètement. J'ai tenté de l'en empêcher, mais il forçait le geste et me caressait le sexe. »
Un huis clos traumatisant et l'absence de soins
La victime a également décrit un épisode dans le garage familial où Yann M. lui a demandé de s'asseoir sur lui en mimant des positions sexuelles. Elle avait alerté sa mère, qui a hésité à rompre avec son compagnon. Ce dernier aurait avoué « assumer une orientation homosexuelle ». Le rapport psychiatrique mentionne « une inclination pédophile transitoire » et recommande une injonction de soins. La présidente du tribunal, Pascale Cina, a souligné le paradoxe : Yann M. lui-même aurait été abusé par un oncle dans son enfance, mais n'a jamais consulté de psychologue. Interrogé, Yann M. a répondu : « Je ne sais pas pourquoi j'ai fait cela, ni pourquoi je n'ai pas pris de dispositions pour me soigner, mais cela ne se reproduira jamais. »
Le verdict du tribunal
La procureure a requis quatre ans de prison avec mandat de dépôt, déplorant « une mère qui n'a pas protégé son garçon, et un beau-père qui n'a jamais envisagé de soins ». Le prévenu, sans avocat, n'a présenté aucune défense écrite. Il a simplement déclaré : « Je ne sais pas bien me défendre, je vais me conformer aux demandes du tribunal, mais j'espère ne pas faire de prison. » Le tribunal l'a condamné à quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis probatoire pendant deux ans, avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire. Il devra également suivre un suivi socio-judiciaire de trois ans avec obligation d'injonction de soins et interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole en contact habituel avec des mineurs.



