Une attaque soigneusement préparée sur un site touristique majeur
L'enquête sur la fusillade ayant coûté la vie à une touriste canadienne et blessé treize autres personnes sur le site archéologique de Teotihuacan au Mexique a révélé mardi des éléments accablants de préméditation. L'assaillant, un Mexicain de 27 ans identifié comme Julio César Jasso Ramirez, avait méthodiquement planifié son passage à l'acte sur ce lieu très fréquenté, selon les déclarations du procureur général de l'État de Mexico, Jose Luis Cervantes.
Un déroulement tragique et un profil inquiétant
Lundi vers midi, depuis les hauteurs de la pyramide de la Lune, Julio César Jasso Ramirez a pris de nombreuses personnes en otage avant d'ouvrir le feu, tuant une jeune touriste canadienne d'une vingtaine d'années et blessant treize autres touristes étrangers, dont un enfant de six ans. Parmi les victimes, on compte des ressortissants colombiens, canadiens, brésiliens et américains. L'assaillant s'est ensuite suicidé à l'arrivée des forces de l'ordre.
L'enquête a établi que le tireur était arrivé à Teotihuacan depuis Tlapa de Comonfort, une ville située à environ 360 kilomètres, et qu'il avait effectué plusieurs repérages préalables sur le site archéologique. « Il s'était rendu à plusieurs reprises sur le site pour le repérer, avait séjourné dans des hôtels à proximité avant les faits et avait planifié ses actes », a précisé le procureur Cervantes lors d'une conférence de presse. Une personne l'ayant connu il y a huit ans a décrit un homme « très tranquille », soulignant le contraste avec la violence de ses actes.
Des liens troublants avec la tuerie de Columbine
Dans un sac à dos retrouvé sur les lieux, les enquêteurs ont découvert l'arme utilisée, un couteau, cinquante-deux munitions, ainsi que des documents faisant référence à des événements violents survenus aux États-Unis en avril 1999. Le 20 avril 1999, deux adolescents du lycée Columbine dans le Colorado avaient perpétré une fusillade meurtrière avant de se suicider.
Une touriste américaine témoin de l'attaque, Jacqueline Gutiérrez, a rapporté à la chaîne Milenio que l'assaillant avait déclaré que « cet endroit était fait pour les sacrifices, pas pour nos petites photos » et qu'il avait évoqué l'anniversaire du massacre de Columbine. Ces éléments confirment la dimension préméditée et idéologique de l'acte.
Un renforcement urgent de la sécurité avant le Mondial 2026
À moins de deux mois de la Coupe du monde de football 2026, que le Mexique organise conjointement avec les États-Unis et le Canada, cette attaque a provoqué une réaction immédiate des autorités. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a exigé un renforcement des contrôles pour empêcher l'introduction d'armes à feu sur les sites archéologiques et touristiques.
« Il est évident que nous devons renforcer la sécurité », a-t-elle déclaré, alors que Mexico accueillera le match d'ouverture du Mondial le 11 juin et s'apprête à recevoir plus de 5,5 millions de visiteurs durant la compétition. Elle a également indiqué que l'agresseur souffrait de « problèmes psychologiques » et que cet acte n'était « pas lié à la délinquance ».
Juan Carlos Mejia, directeur exécutif du voyagiste Estur, a salué cette décision, soulignant qu'actuellement, on « ne contrôle jamais » personne à l'entrée du site. L'Institut national d'anthropologie et d'histoire a annoncé la réouverture du site au public mercredi, avec des mesures de sécurité renforcées.
Teotihuacan, avec ses pyramides du Soleil et de la Lune, est le plus important monument de la période classique préhispanique et le deuxième site archéologique le plus visité du Mexique, ayant accueilli près d'un million de touristes entre janvier et juillet 2025. Cet incident tragique souligne les défis de sécurité auxquels font face les destinations touristiques majeures à l'approche d'événements internationaux d'envergure.



