Décès de Francette Sirven, mémoire vivante d'un village gardois à 104 ans
Francette Sirven, mémoire d'un village, s'éteint à 104 ans

Francette Sirven, née Tabusse, n'était pas seulement une centenaire. Elle était le témoin d'un siècle de vie locale, l'héritière d'une lignée d'élus engagés, et le pilier d'une maison qui a vu naître et grandir cinq générations. Elle s'est éteinte le 12 septembre 2025, à l'âge de 104 ans.

Une vie ancrée dans le canton

Francette Tabusse était née le 9 décembre 1920 à Génolhac, dans la maison familiale place des Ayres, dans ce canton qu'elle n'a jamais quitté. Elle est partie vendredi 12 septembre, à 104 ans et 9 mois, dans son sommeil, elle a décidé ce matin-là de ne pas se réveiller.

Une lignée d'élus

Elle était une femme de caractère. Issue d'une famille de militants, elle portait haut les valeurs de l'engagement pour l'intérêt général. Tout comme la famille Sirven dans laquelle elle était entrée en épousant Frantz en juin 1941, dont le père, élu en 1914, devint le premier maire communiste en 1923, fonction qu'il occupa jusqu'à sa mort en 1939. Frantz, lui, fut conseiller municipal jusqu'en 1977. Puis son gendre, Emile Corbier, reprit le flambeau à 27 ans, en tant que conseiller municipal, adjoint, puis maire, élu en 2014, réélu en 2020. Francette en était très fière, ce qui laissait dire à Emile Corbier, avec son humour habituel : "Lorsque je me présente, je suis assuré d'avoir au moins deux voix, celle de ma femme et celle de ma belle-mère !" C'est dire si dans cette famille, la politique était au cœur des discussions. Les repas étaient animés, on parlait politique, la politique au sens noble du terme, celle qui s'engage pour les autres, pour agir, pour faire avancer des idées, pour en combattre d'autres.

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Un caractère bien trempé

Francette Sirven était l'aïeule d'une immense famille : quatre enfants, sept petits-enfants, dix-sept arrière-petits-enfants, et trois arrière-arrière-petits-enfants. Elle aura donc connu quatre générations de sa descendance et, jusqu'à son dernier jour, son visage s'illuminait à l'arrivée de l'un d'entre eux. Elle s'est révélée dans chaque épreuve de sa longue vie comme une femme au caractère bien trempé, allant même jusqu'à transformer sa demeure en centre de dialyse et à suivre une formation pour soigner pendant vingt ans son mari à la maison. Sa maison, au cœur du village, où elle a vécu jusqu'à la fin grâce à l'implication de ses enfants, Jean-François décédé en 2023, Norbert, et surtout Anny, très investie, qui avait mis en place toute une organisation pour assurer son maintien à domicile. C'est là qu'elle s'est éteinte en douceur, bien entourée, bien soignée. Elle était l'âme de cette maison ouverte à tous. Tous ceux qui l'ont accompagnée depuis tant d'années avaient fini par croire qu'elle était immortelle.

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