Féminicide dans les Yvelines : Émilie tuée et brûlée par son compagnon
Féminicide : Émilie tuée et brûlée par son compagnon

Émilie L., 23 ans, a été tuée par son conjoint dans des circonstances macabres que les policiers de la brigade criminelle de Versailles (Yvelines) tentent d'élucider depuis plusieurs jours. Le 18 mai, le parquet de Versailles a repris la direction de cette enquête ouverte pour féminicide suivi d'un suicide. Selon nos informations, cette jeune femme promise à un bel avenir aurait été tuée par l'homme qui partageait sa vie aux alentours du 8 mai, du côté de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Le début de l'enquête

L'enquête débute le 12 mai vers 15h30 quand les pompiers sont appelés pour éteindre l'incendie d'une voiture sur une route de campagne de Sépeaux-Saint-Romain (Yonne). Le feu est rapidement maîtrisé et les secouristes font une horrible découverte. Un corps, entièrement calciné, est enfermé dans le coffre et un squelette se trouve sur la banquette arrière. Les gendarmes de la brigade des recherches de Sens et la section de recherches de Dijon (Côte d'Or) sont chargés de mener les premières investigations.

Les militaires remontent la piste de la voiture. C'est celle de Jean-François F., 43 ans, qui habite une résidence dans le quartier de Chennevières à Conflans-Sainte-Honorine. « Il est déjà connu des services de police pour des faits de viol sur une ex-conjointe », précise une source proche de l'affaire. Les militaires contactent cette dame car ils craignent qu'elle n'ait été la victime. Elle répond qu'elle est saine et sauve à son domicile avec ses enfants. Elle révèle que son ex-mari avait une maîtresse bien plus jeune que lui.

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Identification des corps

Les recherches sur les profils génétiques permettent d'identifier les deux victimes à coup sûr. Il s'agit bien d'Émilie L. dans le coffre de cette voiture et Jean-François F. sur la banquette arrière. Lors de l'autopsie, le médecin légiste conclut à l'impossibilité de se prononcer sur les causes du décès compte tenu des dégâts causés par les flammes. « Des analyses toxicologiques et des examens anthropologiques seront réalisés pour déterminer si la jeune femme a pu être droguée et si ses os sont marqués par des traces de violence », explique une source proche du dossier.

Perquisition au domicile

Une perquisition est menée au domicile conjugal de la rue Alexis-Piecq. La maréchaussée met la main sur des liens en plastique usagés, une matraque télescopique, quatre essuie-tout imbibés de sang et sur plusieurs plaquettes d'anxiolytiques vides. « Ce sont mes voisins, ils habitaient au rez-de-chaussée. La jeune femme avait laissé son linge et rien n'a bougé depuis lors », explique une habitante de l'immeuble.

Dans cette tranquille bâtisse, les enquêteurs découvrent le portrait de cet homme au gré de leur porte-à-porte. Jean-François F., un homme barbu aux cheveux grisonnants, habitait cet appartement depuis quelques années. « Il n'était pas très bavard, note un retraité. On avait échangé quand il refaisait sa clôture. Ni agréable, ni désagréable, pas du genre à créer des liens. » Ce voisin a été sollicité par les gendarmes pour assister à la fouille. « C'est bizarre, on aurait dit un appartement de femme avec de nombreux vêtements et chaussures », s'étonne-t-il.

Le profil d'Émilie

Selon les proches d'Émilie, elle avait quitté son appartement d'Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) pour s'installer chez cet homme. Sa mère n'avait plus eu de nouvelles d'elle depuis le 8 mai alors qu'elles échangeaient quotidiennement. Selon ses proches, Jean-François était jaloux. Il avait envoyé un SMS à la maman d'Émilie au mois de février lui disant qu'il était au courant que sa fille l'avait trompé.

Émilie a suivi un cursus en chimie à l'université de Créteil (Val-de-Marne). Elle était en master en fac à Cergy avec un contrat d'alternance au Siaap comme chargée du contrôle qualité en métrologie. Dans le centre d'Épinay-sur-Seine où elle a habité durant environ deux ans, elle laisse le souvenir d'une voisine sans histoire. Elle était si discrète que personne ne savait qu'elle ne vivait plus là. « Elle venait souvent chercher ses paquets à la loge. Elle était vraiment très gentille. On sentait qu'elle était sérieuse, elle partait le matin et rentrait le soir pour suivre ses cours. »

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Une autre dame l'avait aussi rencontrée et fait d'elle le même portrait avant de s'indigner. « C'est grave, c'est une si jeune femme. C'est terrible ces mauvaises rencontres. Les féminicides, c'est de pire en pire », ajoute-t-elle.

Les dernières heures

Six jours après le début des investigations, une hypothèse semble privilégiée. Émilie a été tuée dans les Yvelines puis son meurtrier a mis fin à ses jours dans l'Yonne. L'exploitation des enregistrements des caméras de vidéosurveillance montre que le 12 mai, Jean-François F. achète des produits pour mettre le feu. En faisant le plein d'essence, il en remplit un jerrican. Les images relevées sur l'itinéraire montrent qu'il est seul dans l'habitacle. Émilie était donc déjà morte.

Quand l'a-t-il tuée et comment ? S'est-il ensuite immolé ? Ce sont des questions auxquelles les expertises scientifiques permettront peut-être de répondre. Mais l'enquête n'ira pas plus loin faute de coupable à juger.