Toulon : une famille mise en examen pour traite d'êtres humains et disparitions de militaires
Famille mise en examen pour traite d'êtres humains à Toulon

Une affaire criminelle hors normes secoue la région toulonnaise. Selon des informations recueillies par Var-Matin, une famille domiciliée à Fréjus puis à Toulon est soupçonnée d'être impliquée dans la disparition de deux jeunes militaires et dans une série d'actes de violences et de séquestrations commis au préjudice d'au moins sept autres personnes. Les faits portent sur une période comprise entre 2011 et 2025.

Des jeunes militaires originaires du Pacifique ciblés

Les victimes identifiées sont des militaires (ou apparentés) originaires d'îles situées dans l'océan Pacifique. Les auteurs présumés – mis en examen le 29 mai dernier – le sont également. Selon l'hypothèse privilégiée par l'enquête, le mode opératoire consistait à cibler des jeunes militaires originaires de territoires ultra-marins, de fait isolés de leurs familles, pour les dépouiller de leurs papiers, de leurs téléphones et de leurs moyens de paiement. Les soirées « tahitiennes » qui permettent aux communautés océaniennes de se retrouver constituaient un terrain de chasse idéal. L'une des filles du clan familial en cause aurait joué un rôle d'appât.

Disparitions de Jacques Pakeso et Mike Gineste

Le point de départ de ce dossier tentaculaire repose sur le signalement de la disparition de Jacques Pakeso, alors âgé de 28 ans. Le jeune homme, qui a quitté la Nouvelle-Calédonie pour tenter d'intégrer la Marine du côté de Toulon, s'est évaporé dès 2022. Quelques mois plus tard, c'est Mike Gineste, un soldat du 1er régiment étranger de cavalerie (REC) de Carpiagne (Bouches-du-Rhône), qui ne donnait plus signe de vie. Lui s'était engagé dans la Légion étrangère en 2018, après avoir poussé la porte d'un bureau de recrutement à Tahiti (Polynésie française). Les deux hommes ont en commun d'avoir fréquenté la même famille, domiciliée dans le quartier Claret au-dessus de la gare de Toulon, vers laquelle se sont orientés les soupçons.

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Enquête et témoignages de sept victimes

Les investigations ont notamment conduit les enquêteurs de la gendarmerie maritime à recueillir les témoignages d'au moins sept personnes dénonçant des faits de violences, d'extorsions et de séquestrations. Les protagonistes ont nié ou minimisé les faits lorsqu'ils ont été entendus. L'un des membres du cercle familial en cause a cependant affirmé que Jacques Pakeso et Mike Gineste – qui avait déposé plainte peu avant sa disparition – auraient été assassinés à l'instigation de la mère de famille. Selon ses déclarations, la famille se serait débarrassée des corps dans les Bouches-du-Rhône.

Découverte d'ossements humains

Une version corroborée par la découverte d'ossements humains dans l'une des zones indiquées, a-t-on appris de sources concordantes. Des expertises devaient être diligentées pour étayer cette piste. La matriarche, âgée de 52 ans, et l'un de ses fils désigné comme étant l'auteur des homicides ont démenti toute implication. L'une et l'autre, qui restent présumés innocents, ont été placés en détention provisoire.

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