Expulsion bloquée après un meurtre à Tonneins : une propriétaire désespérée
Expulsion bloquée après un meurtre à Tonneins

Depuis le meurtre de William Lacoste à la Résidence des Tabacs à Tonneins en décembre 2024, la procédure d'expulsion du logement de l'auteur présumé des faits n'a toujours pas abouti. Le locataire est en prison dans l'attente de son procès et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Les faits : une nuit tragique

Dans la nuit du 18 au 19 décembre 2024, William Lacoste, 47 ans, locataire handicapé, meurt dans son appartement sous les coups de son voisin, Tarik Boujraoui. Ce dernier est interpellé quelques heures plus tard à Bordeaux. Placé en détention provisoire, il attend son procès et risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Une propriétaire dans l'impasse

Pour Josette Vasseur, propriétaire de l'appartement loué à Tarik Boujraoui, cette affaire sordide est le début d'un long calvaire administratif. Un an et demi après le drame, elle n'a toujours pas récupéré son bien. « Ça n'en finit pas. Je ne comprends pourquoi la procédure est si compliquée pour expulser quelqu'un qui n'est plus dans l'appartement, qui est en prison et qui a priori va y rester pour longtemps », déplore-t-elle, résidant à Puch-d'Agenais.

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L'absurdité de la situation tient au fait que l'appartement n'a pas été placé sous scellés pour les besoins de l'enquête. La procédure d'expulsion suit donc son cours normal, un processus déjà entamé avant le meurtre.

Un locataire au lourd passé

Josette Vasseur avait loué l'appartement à Tarik Boujraoui en mars 2003 sans se méfier. Ce n'est qu'après des recherches sur Internet qu'elle découvre son parcours criminel : il avait déjà été condamné à deux reprises par la cour d'assises de la Haute-Garonne, notamment pour viol sous la menace d'une arme en 2007.

Le locataire a payé son loyer pendant six mois, puis plus rien. La propriétaire a donc entamé une procédure d'expulsion. L'assignation aux fins de résiliation de bail et d'expulsion a été remise en main propre à Tarik Boujraoui le 26 novembre 2024. « Il l'a signée, et puis le mois suivant il tuait son voisin », raconte-t-elle, laconique.

Une procédure qui s'éternise

Le meurtre n'a pas stoppé la procédure classique d'expulsion. Après une audience au tribunal de Marmande en l'absence de Tarik Boujraoui, le juge des contentieux a ordonné en septembre 2025 au locataire incarcéré « de libérer les lieux et de restituer les clés dans un délai de quinze jours à compter de la signification de la décision ».

Entre-temps, en juin 2025, les gendarmes de Tonneins ont informé Josette Vasseur qu'ils avaient dû entrer dans l'appartement pour rechercher le frère de Tarik Boujraoui, lui-même recherché. Le soir même, la propriétaire s'est rendue sur place et a découvert la porte défoncée. À l'intérieur, tout l'électroménager avait disparu. Avec son mari, elle a condamné l'appartement avec des planches et a porté plainte.

Les mois ont passé, le locataire a changé de prison (Agen, Gradignan, Mont-de-Marsan), et le jugement d'expulsion ne lui a été signifié qu'en mars 2026. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. « Pour finaliser l'expulsion, on m'explique maintenant qu'il faut la réquisition du concours de la force publique accordée par la préfecture. Franchement, tout ça pour un appartement vide, c'est un vrai sac de nœuds. J'espère seulement pouvoir le récupérer avant la prochaine trêve hivernale », conclut Josette Vasseur, dépité.

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