Une semaine après l'explosion qui a visé le milliardaire ukrainien Vadim Ermolaev devant son domicile à Monaco, sa famille sort du silence. Par la voix de son avocat, Me Grégoire Gamerdinger, le clan Ermolaev a transmis un long communiqué de presse aux médias, exigeant que « les auteurs de cet attentat soient identifiés puis traduits en justice ».
Une famille « bouleversée » par un « acte de violence d’une extrême gravité »
Lundi 29 juin, à 20h58, un colis piégé a explosé devant le domicile de Vadim Ermolaev, le blessant grièvement. Hospitalisé à Marseille, il est sorti du coma et ses jours ne sont plus en danger. Son fils de 13 ans, également blessé, est hors de danger. En revanche, le pronostic vital de sa compagne, Anna Nasobina, est toujours engagé. Elle a notamment été amputée des deux jambes et pourrait perdre l'usage de plusieurs sens.
Dans son communiqué, Me Gamerdinger décrit une famille « bouleversée » par un « acte de violence d’une extrême gravité ».
L'enquête progresse : la suspecte en fuite
Au terme d'une enquête éclair, les polices monégasques et françaises ont rapidement identifié la principale suspecte : Anastasiia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans réfugiée en Allemagne depuis le début de l'invasion russe. Surnommée « la femme au bob noir », elle est activement recherchée.
L'enquête est désormais pilotée par trois juges d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire et d'une vaste coopération judiciaire internationale. En Ukraine, une enquête a également été ouverte. Interpol a émis une « notice rouge », la qualifiant de « dangereuse », et un mandat d'arrêt international a été émis à son encontre.
« L'ensemble des éléments de preuve est entre les mains des autorités judiciaires. Elles seules sont habilitées à établir les faits, à déterminer les circonstances ainsi que le mobile de cette attaque et à engager les poursuites contre les personnes qui en seront reconnues responsables », écrit Me Gamerdinger.
Un appel à ne pas céder aux conjectures
Alors que des spéculations vont bon train sur un possible assassinat politique ordonné par le SBU (services de sécurité ukrainiens) ou un règlement de comptes en lien avec une arnaque au « call center », l'avocat met en garde : « L'enquête progresse sur la base d'éléments objectifs. Les conjectures publiques ne sauraient être assimilées à des faits établis. »
Vadim Ermolaev, un entrepreneur pas un oligarque
Me Gamerdinger réfute également le terme d'« oligarque » employé par les médias pour qualifier son client. « C'est un entrepreneur et investisseur international qui a construit, depuis plus de vingt ans, des activités dans les secteurs de l'industrie, de l'immobilier et de l'investissement », précise-t-il.
Résidant à Monaco depuis au moins 2021, Vadim Ermolaev fait l'objet depuis décembre 2023 de sanctions en vertu d'une décision du Conseil national de sécurité (NSDC) promulguée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour ses activités commerciales en Crimée, annexée par la Russie. En 2022, quelques mois après le début de l'invasion russe, il avait été aperçu à Monaco, descendant d'une Bentley, intégrant ce que la presse ukrainienne avait ironiquement surnommé le « bataillon Monaco ».
La suspecte toujours en fuite
Ce lundi soir, une semaine après les faits, Anastasiia Berezovska était toujours en fuite. Son domicile en Allemagne a été perquisitionné jeudi, mais l'intéressée n'a pas été retrouvée. « Des éléments de preuve ont pu être saisis et seront remis aux autorités monégasques », a indiqué la police allemande.
« La famille accorde toute sa confiance aux autorités chargées de cette enquête et ne fera aucun commentaire supplémentaire sur les aspects opérationnels de la procédure tant que celle-ci sera en cours. Aujourd'hui, ses seules priorités sont le rétablissement des victimes, la préservation de la vie privée de la famille et la volonté que les auteurs de cet attentat soient identifiés puis traduits en justice dans le cadre d'une enquête impartiale et indépendante », conclut Me Gamerdinger.



