Le procès d'un homme de 51 ans, ancien directeur d'agence bancaire à Manosque, s'ouvre ce lundi 18 mai 2026 devant la cour d'assises de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Il est accusé d'avoir infligé à sa compagne sept ans de torture, de viols répétés et de prostitution forcée entre 2015 et 2022. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Sept ans de l'enfer
La plaignante, âgée de 42 ans et mère de quatre enfants, a choisi de briser le silence. « Son idée, c'est que la peur et la honte doivent changer de camp », confie son avocat, Me Philippe-Henry Honegger. De 2015 à 2022, elle a subi une emprise totale : viols à répétition accompagnés d'actes de torture et de barbarie, prostitution forcée, violences physiques quotidiennes. « Des coups de poing, avec une planche à découper, des entailles dans le dos au couteau. J'étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette », a-t-elle témoigné sur Radio-France.
La relation avait débuté sous couvert de jeux sadomasochistes avant de basculer en relation d'emprise totale. L'accusé lui aurait ordonné d'avoir des relations sexuelles avec d'autres hommes, écoutant via son téléphone portable, décidant des pratiques, des tarifs et récupérant les gains. Me Honegger décrit « toute une existence soumise aux stratégies mises en place par cet homme pour la faire souffrir de toutes les manières possibles, à tous les instants de sa vie », évoquant « la pire vision de l'enfer qu'on puisse imaginer ».
Un dossier étayé par des centaines de preuves
Le renvoi aux assises repose sur « l'intensité et la répétition des violences décrites, mises en relation avec les conclusions de l'expertise médicale et l'exploitation d'enregistrements sonores et vidéos ». Me Honegger insiste : « La parole d'une femme est étayée, corroborée, renforcée, confirmée par des centaines et des centaines de messages, d'échanges téléphoniques, de retranscriptions et par des constatations médicales qui sont incontestables. »
C'est en juin 2022 qu'elle a parlé pour la première fois à une amie, qui a alerté les forces de l'ordre. La victime souffre aujourd'hui de séquelles physiques et psychologiques telles qu'elle a été reconnue handicapée à plus de 80 %. De son côté, l'accusé, défendu par Me Charlotte Barriol, affirme que « les faits relèvent de leur intimité et que les actes étaient consentis ». Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.



