Enlèvement et séquestration à Castelmoron : les accusés nient les violences en forêt
Enlèvement à Castelmoron : les accusés nient les violences

Les cinq accusés, âgés de 22 à 23 ans, admettent avoir enlevé et séquestré Nabil dans une voiture. Ils réfutent en revanche la moindre violence dans la forêt où il a été laissé agonisant. Une bagarre imposée par les « grands » du quartier. Les cinq accusés, poursuivis pour enlèvement, séquestration suivie de mutilation en bande organisée, sont raccord. Ce jeudi 7 mars 2024, il s’agissait d’aller en découdre avec un individu lot-et-garonnais qui aurait « carotté » le réseau mérignacais de 3 kilos de résine de cannabis lors d’une précédente transaction. Et qui aurait molesté l’un des leurs. « On ne savait pas combien ils allaient être. Alors on est partis nombreux. » Philippe Ngan Ostaghe indique avoir accepté de participer à cette expédition punitive contre 200 euros. Quayim Badrane, Hanza Madroua, Sabri Soussi et Mouhamed Diaby affirment pour leur part ne pas avoir osé dire non aux commanditaires. « Un “grand” a insisté. »

Des preuves accablantes

Tous cinq, à l’issue de plusieurs semaines d’enquête, ont été confondus grâce aux caméras de vidéosurveillance de l’autoroute et du parking du Super U de Castelmoron-sur-Lot, où l’enlèvement de Nabil est intervenu. Les ADN de Philippe Ngan Ostaghe et Quayim Badrane ont également été retrouvés sur diverses armes utilisées ce soir-là. Dans ce contexte, difficile pour ces cinq accusés de nier avoir participé aux faits d’enlèvement et séquestration.

Des versions contradictoires sur les violences

Quid des violences dans les bois ? Sans image, sans témoignage, le rôle de chacun reste flou en ce troisième jour d’audience. À la barre, ce mardi 26 mai, face aux magistrats de la cour criminelle de Lot-et-Garonne, tous cinq nient avoir traîné et frappé le corps déjà meurtri de Nabil. « Je faisais le guet », justifie Sabri Soussi. « Je dormais dans la voiture », argumente Quayim Badrane. « Je suis resté dans le véhicule », jure Mouhamed Diaby, tout comme Hanza Madroua, quand Philippe Ngan Ostaghe assure que ces violences ont été commises par d’autres individus, arrivés en renfort en lisière de forêt. Dont un certain « Amir » imaginaire. « Encore une nouvelle déclaration », soupire Nelly Emin, la présidente. « Vous vous doutez bien que l’on ne vous croit pas », lâche à son tour l’avocat général Claude Derens. « Tout cela nous dépassait. J’ai déposé une bouteille d’eau près de la victime et je suis parti », soutient pourtant Philippe Ngan Ostaghe.

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« Lâcheté » et incohérences

Une victime agonisante, laissée pour morte dans ce bois en pleine nuit. « On ne ferait même pas ça à un chien. C’est inhumain », plaide Antoine Chambolle pour la partie civile. Lequel relève « la lâcheté » de ces cinq coaccusés. « Cette audience me laisse pantois. Je ne sais même pas quoi penser de ces débats. Ils n’ont cessé de se moquer de la cour et de la victime en nous livrant plusieurs versions. Tous sont responsables. Aucun n’assume ses responsabilités. » Et sa consœur Louise Fontaine de rappeler qu’aucun élément n’a corroboré le mobile du « carottage » avancé par les coaccusés. « Malgré son parcours judiciaire de délinquant dans le trafic de stupéfiants, il ne mérite pas que ce dossier soit qualifié de règlement de comptes. » Dans la salle, la famille de Nabil écoute et écrase quelques larmes. « Il est resté un mois et demi dans le coma. Sa mère, ses enfants, sa femme subissent aujourd’hui un stress post-traumatique. Il n’est plus le même. » Le verdict sera rendu ce mercredi 27 mai.

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