Six jours après la mort de six personnes lors d'une plongée aux Maldives, l'hypothèse d'un "effet Venturi" est avancée pour expliquer le drame. Selon un expert italien, un puissant courant marin aurait aspiré les scientifiques à 60 mètres de profondeur dans les grottes de Thinwana Kandude. On vous explique.
Un accident tragique aux Maldives
Un peu moins d'une semaine après la sortie de plongée sous-marine aux Maldives qui a coûté la vie à cinq plongeurs italiens et un secouriste, les interrogations perdurent. Comment cet accident, le plus grave jamais survenu dans cette destination touristique de l'océan Indien, a-t-il pu se produire ? Auprès de l'agence de presse italienne Adnkronos, Alfonso Bolognini, président de la Société italienne de médecine sous-marine et hyperbare, a suggéré que le groupe aurait été victime d'un puissant phénomène appelé "effet Venturi".
Une sortie non officielle
Selon Alfonso Bolognini, les plongeurs disparus aux Maldives étaient trop expérimentés pour improviser une visite des grottes sans la préparation nécessaire. Car le groupe était en mission scientifique officielle pour étudier les conséquences du changement climatique sur la biodiversité. Or, cette plongée n'était pas au programme de la mission. Son hypothèse est alors que le groupe n'avait pas prévu d'y pénétrer, mais plutôt d'effectuer une reconnaissance du site en vue d'une éventuelle exploration ultérieure. Mais la nature en aurait décidé autrement. Car l'embouchure étroite du réseau de grottes de Thinwana Kandude offre les conditions parfaites pour un effet Venturi, un puissant courant qui aurait poussé les cinq plongeurs italiens dans son dédale sous-marin.
Un effet imprévisible et dangereux
Derrière ce nom scientifique se trouve un principe simple : quand un fluide passe dans un étranglement, sa vitesse augmente et sa pression diminue. C'est pour ça que l'eau s'écoule plus rapidement du tuyau d'arrosage lorsque ce dernier est bouché. Sous l'eau, et particulièrement dans les grottes sous-marines, ce phénomène peut toutefois devenir extrêmement dangereux. Dans une grotte immergée comme celle des Maldives, l'eau peut circuler à travers des passages étroits, des fissures… Si un courant traverse un endroit resserré, sa vitesse peut alors augmenter brutalement à cause de l'effet Venturi. Résultat : un passage qui semble calme à l'entrée peut cacher une accélération très forte quelques mètres plus loin. Et tout plongeur qui s'approche de trop près peut être happé vers cette zone. Pour Alfonso Bolognini, deux scénarios sont possibles : "Soit tout le monde a été aspiré, soit une personne a été aspirée et les autres ont tenté de la secourir".
Un état de grande désorientation
Happées par le courant, les victimes auraient alors été entraînées dans la troisième chambre sous-marine dans des conditions extrêmement dangereuses. "Ils ont été aspirés dans un environnement probablement obscur, sans aucune visibilité et dans un état de grande désorientation", décrit l'expert. Dans leur recherche paniquée d'une issue, "ils ont probablement aussi manqué d'air". Une théorie qui expliquerait pourquoi les corps ont été retrouvés dans la troisième salle de la grotte, à 60 mètres de profondeur, soit bien au-delà des 30 mètres autorisés.



