Découvert dans le grenier d’une maison landaise, un étendard historique a été confié à l’Union nationale des combattants (UNC) de Biscarrosse afin d’honorer la mémoire des résistants ayant rejoint les Forces françaises libres. Sauvé de la mise à la benne à l’occasion du débarras du grenier d’une vieille maison à Parentis-en-Born et remis aux membres de l’UNC de Biscarrosse, un vénérable drapeau tricolore questionne aujourd’hui les sociétaires.
Cette authentique relique, portant les lettres d’or de l’Union des évadés de France, interpelle le président de l’UNC, Éric Milet du Lyon, sur l’origine de la présence de cet emblématique témoin de l’histoire. Cet étendard a été celui de 23 000 jeunes résistants. Lors de l’occupation totale de la France par les nazis en 1942, résolus à poursuivre la lutte armée, ils tentèrent de rejoindre l’Espagne en traversant les Pyrénées pour s’embarquer vers l’Afrique et y rejoindre les Forces françaises libres.
Harcelés par la Milice et la Gestapo sur les sentiers montagnards avec leurs passeurs clandestins, 4 000 d’entre eux furent tués, blessés ou faits prisonniers. Remis entre les mains des franquistes, ils ont été internés dans les camps de Pampelune, Totana et Miranda de Ebro, victimes de multiples mauvais traitements jusqu’en 1943.
Combattants de la libération
À la suite du désastre subi par la Wehrmacht à Stalingrad, qui acta un tournant dans la guerre, les Espagnols acceptèrent l’élargissement des prisonniers. Regroupés à Londres, ils rejoignirent Alger et participèrent, l’année suivante, aux débarquements en Provence avec la 1re Armée du général de Lattre de Tassigny et en Normandie avec la 2e Division blindée du général Leclerc. Au total, 9 500 évadés de France sont morts aux combats pour la Libération.
Aujourd’hui, le temps a emporté ces soldats et héros volontaires. Avec des milliers de leurs frères d’armes et compagnons de la Résistance, leur mémoire est inscrite dans les plis des drapeaux déployés lors des commémorations patriotiques. Celui des évadés de France de Biscarrosse, que porte désormais Jean-François Parent pour l’Union nationale des combattants, leur redonne vie auprès des générations actuelles.



