Installé en Lot-et-Garonne avec son épouse Anie, Dany Leprince, originaire de la Sarthe, apprécie l'authenticité de son quotidien, en parallèle du combat judiciaire qu'il mène pour faire reconnaître son innocence. Son arrivée à Marmande, sous le crépitement des flashs et la cohue des journalistes, le 19 octobre 2012, contraste avec sa nature plutôt discrète.
En réalité, ce n'était pas la première fois que Dany Leprince mettait le pied sur le sol lot-et-garonnais. En juillet 2010, à la faveur d'une suspension de sa peine par la commission de révision des condamnations pénales, il avait été assigné à résidence chez son ex-femme pendant neuf mois, avant de voir sa requête rejetée par la cour de révision et d'être réincarcéré sur-le-champ.
Aujourd'hui, à 500 kilomètres de sa Sarthe natale qu'il prend plaisir à rejoindre régulièrement — « Ça restera toujours chez moi là-bas » —, Dany Leprince mène depuis une dizaine d'années une vie paisible dans un village du Marmandais. Il n'est pas rare de le voir, casquette vissée sur la tête, faire des travaux sur son tracteur ou rénover sa maison acquise en 2024, entourée d'arbres et de champs.
Une vie simple
D'une enfance à la ferme, des aïeux rompus au labeur et un profond attachement à la terre, Dany Leprince conserve le goût pour une vie en toute simplicité, rythmée par les saisons. « Je ne connaissais pas le milieu carcéral, juste les oiseaux, les corneilles. J'ai joué au foot toute ma vie sans jamais prendre un carton jaune. La privation de liberté est terrible, surtout quand on ne le mérite pas », confiait-il lors de la publication de son livre « Ils ont volé ma vie ».
Ce n'est pas un hasard s'il a, après avoir travaillé tout au long de sa détention, exercé un emploi temporaire dans une exploitation agricole, en plus de celui trouvé au sein d'une association d'insertion, lors de sa libération conditionnelle. Anie Leprince, son épouse depuis huit ans et indéfectible soutien, cultive avec lui la discrétion comme les plants du jardin, tous deux entourés de leurs chats, dont ils empruntent le vocable pour se surnommer. Les grandes tablées d'amis venus leur rendre visite ne manquent pas, les épreuves existentielles et judiciaires leur ayant permis de savoir sur qui compter.



