Le nouveau clip de Bad Bunny, intitulé Casita, fait polémique. Le chanteur portoricain y met en scène des femmes aux formes généreuses dansant dans une maison, suscitant des accusations de sexisme. Le titre, qui signifie « petite maison » en espagnol, est vu par certains comme une célébration des corps non normés, mais d'autres y voient une objectification des femmes.
Un clip qui divise
Dans la vidéo, plusieurs femmes aux courbes prononcées évoluent en lingerie ou en tenues légères, dans des postures suggestives. Bad Bunny, lui, apparaît entouré d'elles, adoptant une attitude dominante. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont contrastées. Certains utilisateurs saluent la représentation de corps rarement mis en avant dans l'industrie musicale, tandis que d'autres dénoncent un clip « rabaissant » et « patriarcal ».
La chanteuse et militante féministe portoricaine iLe a notamment exprimé son mécontentement sur Twitter, écrivant : « Bad Bunny, tu peux faire mieux que ça. On n'a pas besoin de ce genre de représentation. » Selon elle, le clip perpétue des stéréotypes de genre nocifs.
Bad Bunny, entre engagement et controverse
Ce n'est pas la première fois que Bad Bunny est au centre d'une polémique. Connu pour ses positions progressistes sur des sujets comme les droits LGBTQ+ ou la violence de genre, l'artiste avait déjà été critiqué pour certaines de ses paroles jugées misogynes. En 2020, il avait été accusé de « culture du viol » pour une chanson où il évoquait des relations non consenties.
Pourtant, Bad Bunny se défend souvent en expliquant que sa musique reflète la réalité du reggaeton, un genre souvent critiqué pour son traitement des femmes. Dans une interview, il avait déclaré : « Je ne suis pas parfait, mais j'essaie d'apprendre et de m'améliorer. »
Une réception contrastée à Porto Rico
À Porto Rico, le clip a été reçu de manière mitigée. Certains y voient une simple continuation des codes du genre musical, tandis que d'autres estiment que Bad Bunny, en tant que figure influente, devrait assumer une responsabilité sociale. Une étude de l'Université de Porto Rico a montré que 62% des jeunes Portoricains estiment que les clips de reggaeton véhiculent une image négative des femmes.
L'artiste, lui, n'a pas réagi directement à la polémique. Son équipe a simplement indiqué que le clip visait à « célébrer la diversité des corps » et qu'il ne fallait pas le prendre au premier degré.



