Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour homicides involontaires suite au crash d’un avion de tourisme survenu dimanche 30 juin près de Nancy, en Meurthe-et-Moselle. L’appareil, un bimoteur de type Piper PA-31, s’est écrasé dans un champ à proximité de l’aérodrome de Nancy-Essey, peu après son décollage. Le bilan fait état de trois morts et deux blessés graves.
Les circonstances du drame
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’avion avait décollé de l’aérodrome de Nancy-Essey à destination de Cannes-Mandelieu. Peu après 10 heures, l’appareil a perdu de l’altitude et s’est écrasé dans un champ de la commune de Pulnoy, à environ 5 kilomètres de l’aéroport. Les secours, rapidement dépêchés sur place, ont retrouvé trois personnes décédées et deux autres grièvement blessées, transportées en urgence absolue vers le CHU de Nancy.
Le parquet de Paris, compétent pour les enquêtes en matière de sécurité aérienne, a ouvert une information judiciaire pour homicides involontaires. L’enquête a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie des transports aériens (SRGTA) et au Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) pour la sécurité de l’aviation civile. Le BEA a précisé que trois enquêteurs se sont rendus sur place pour recueillir les premiers témoignages et examiner l’épave.
Les victimes identifiées
Les trois victimes décédées sont un homme de 68 ans, pilote de l’avion, et deux passagers, un homme de 64 ans et une femme de 60 ans, selon une source proche de l’enquête. Les deux blessés graves sont un homme de 58 ans et une femme de 56 ans. Tous étaient des membres d’un club d’aviation basé à Nancy. Le parquet de Paris a indiqué que des autopsies seront pratiquées dans les prochains jours pour déterminer les causes exactes du décès.
Les pistes privilégiées
Les enquêteurs privilégient pour l’heure la piste d’une panne moteur. Selon un témoin cité par le BEA, l’avion aurait émis un bruit suspect avant de perdre de l’altitude. Les conditions météorologiques étaient bonnes au moment du drame, avec un ciel dégagé et une visibilité de plus de 10 kilomètres. Les boîtes noires de l’appareil ont été récupérées et sont en cours d’analyse au laboratoire du BEA à Paris.
Le maire de Pulnoy, interrogé par l’AFP, a déclaré : « C’est un drame qui touche toute la commune. Nous sommes en deuil et nous apportons notre soutien aux familles des victimes. » Une cellule psychologique a été mise en place par la préfecture de Meurthe-et-Moselle pour les proches et les témoins du crash.
Un précédent en 2022
Ce crash rappelle un accident similaire survenu en 2022 près de Nancy, lorsqu’un avion de tourisme s’était écrasé en forêt de Haye, faisant deux morts. Le BEA avait alors conclu à une erreur de pilotage dans des conditions de visibilité réduite. Cette fois-ci, les enquêteurs espèrent que l’analyse des boîtes noires permettra d’établir les causes précises de l’accident.
Le parquet de Paris a précisé que l’enquête pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant de livrer ses conclusions. En attendant, les familles des victimes ont été informées et une aide psychologique leur est proposée.



