Les toros de Prieto de la Cal, aux robes spectaculaires, n'ont offert guère de possibilité à trois toreros méritants, recevant chacun une ovation. Vic-Fezensac. Chaleur caniculaire. 3 500 spectateurs environ. Alberto Lamelas : ovation et ovation. Luis Gerpe : ovation et silence. Maxime Solera : ovation et un avis avec silence.
Des toros puissants mais peu mobiles
Les toros de Prieto de la Cal, variés de robes, très bien armés, excessivement piqués pour la plupart, firent leur devoir sous le fer mais gardèrent la tête haute et manquèrent de mobilité. Le 3e fut remplacé par un exemplaire du même fer. Le banderillero João Pedro da Silva salua au 5e.
Une chaleur estivale baignait le comté de Fezensac pour cette première corrida du week-end de Pentecôte. Pour la plupart, les toros de Prieto de la Cal gardèrent tout au long du combat la tête dans les nuages, même s'il n'y en avait guère hier dans le ciel de Gascogne...
Alberto Lamelas : chef de lidia exemplaire
Quand on voit Alberto Lamelas (bleu nuit et or), revient la chanson de Cabrel : il a dû faire toutes les guerres… Chef de lidia exemplaire, soucieux de faire briller ses adversaires au cheval, il fit front avec courage et métier à un premier de presque six ans qui ne baissa jamais le museau. Il sut tirer des passes d'un quatrième pensant davantage à se défendre qu'à attaquer, insistant sans doute un peu trop avant de porter au deuxième assaut une estocade des plus loyales.
Luis Gerpe : plus artiste, plus fragile
Plus artiste et plus fragile, Luis Gerpe (tourmaline et or) tenta d'interpréter un toréo de violons dont on n'entendit guère que la chanterelle. Il joua autant des jambes que des bras devant la possible corne gauche du deuxième, s'engageant avec l'épée au point d'être touché sans mal à la poitrine. Le magnifique cinquième, clair comme du calcaire et dur comme du granit, portait pour nom « Aguardentero », allusion hispanique à l'eau-de-vie qui, en ces terres d'Armagnac, parle à tous les autochtones. Il en eut l'âpreté mais point l'ivresse, réduisant à néant les méritoires tentatives de Gerpe qui avait eu la délicatesse de dédier ce toro à Maité, administratrice de nombreuses arènes et associée du regretté Alain Lartigue, auquel les spectateurs dédièrent une minute d'applaudissements au paséo, les organisateurs lui associant Jean-Marie Boussat et François Rivière, maire de Seissan, récemment décédés.
Maxime Solera : combat difficile
Maxime Solera (havane et or) tenta de bien toréer un troisième bis très noble mais excessivement châtié, ne trouvant guère d'écho dans le conclave. Le sixième fut le plus sérieux et le plus brave au cheval, mais il demeura très circonspect devant la flanelle.
Novillada le matin
Le matin, sous un soleil de plomb, la novillada d'ouverture avait réuni plus de deux mille spectateurs et le novillero péruvien Pedro Luis donna le seul tour de piste de la matinée, au terme d'un dernier combat mené avec courage et engagement mais entaché d'une estocade basse le privant d'oreille. Gonzalo Capdevila et Pedro Andrés butèrent sur les difficultés du bétail d'Aguadulce.
Ce dimanche 24 mai, deux gros plats de consistance en terre vicoise. Dès 11 heures, la traditionnelle corrida-concours avec Sánchez Vara, Román et Isaac Fonseca qui combattront dans l'ordre des toros de Saltillo, La Quinta, Partido de Resina, Dolores Aguirre, Benítez Cubero et Pagès-Mailhan. À 18 heures, retour des toros de Baltasar Ibán dont le sort sera confié à Morenito de Aranda, José Garrido et Juan de Castilla.



