Un drame de la route à Flaujagues
Le tribunal correctionnel de Libourne a jugé ce mardi 28 avril une trentenaire pour homicide involontaire sur Maylie, 14 ans, et blessures involontaires sur Chloé, son amie. L'accident s'est produit le 7 juillet 2024 au retour d'une fête de village, sur une petite route de Flaujagues. La conductrice roulait à une vitesse excessive, estimée à 130 km/h sur une route limitée à 80 km/h, et sous l'empire de l'alcool (0,83 g par litre de sang).
La mère de Maylie, présente à l'audience, a exprimé sa colère et son besoin de justice : « Ma fille est morte. On m'a enlevé une partie de moi. C'est comme si on m'avait tuée aussi ce jour-là… » La prévenue, employée du père de Maylie, avait proposé de raccompagner les deux adolescentes après la fête. Le père, restaurateur, avait accepté pour finir son travail.
Les faits de la nuit du 6 au 7 juillet
Selon les procès-verbaux, aucun freinage n'a été constaté. La voiture a effectué une longue sortie de route, suivi de tonneaux, puis a percuté un poteau électrique avant de s'immobiliser. La conductrice s'est extirpée de l'habitacle. Chloé était blessée. Maylie, inconsciente, a dû être désincarcérée par les secours. Son pronostic vital était engagé. Elle est décédée le 20 juillet.
Les témoignages à l'audience
La présidente Julie Manlay a souligné le style de conduite nerveux de la prévenue, voire « brutal », et un précédent lors de la Fête de la musique quelques semaines auparavant. La conductrice a demandé à Chloé de mentir en disant qu'elle n'avait pas bu. À la barre, la prévenue a déclaré : « Je suis désolée. Ce soir-là, j'ai fait quelque chose d'impardonnable… »
Chloé, présente à l'audience, a témoigné : « Je l'ai vue inconsciente. J'ai tenté de la faire revenir. Je ne l'ai pas quitté des yeux… » La mère de Maylie a ajouté : « Elle n'avait pas 15 ans. Elle ne connaîtra jamais le lycée. Elle avait tellement hâte… »
Les réquisitions et la défense
Le ministère public, par la voix de Camille Theurelle, a requis quatre ans d'emprisonnement dont trois assortis d'un sursis probatoire, la part ferme pouvant être aménagée en détention à domicile. Il a également demandé l'annulation du permis de conduire et une interdiction de le repasser pendant cinq ans. La défense a plaidé pour une peine plus clémente, invoquant la situation familiale de sa cliente, aujourd'hui sans emploi. Le délibéré sera rendu le mardi 26 mai.



