Le Comité du 9-Mai : origines et interdiction de sa manifestation
Comité du 9-Mai : origines et interdiction

La manifestation annuelle du "Comité du 9-Mai" (C9M) a été interdite à Paris par les autorités, qui redoutent des violences et des affrontements entre militants d'ultradroite et antifascistes. Ce groupuscule d'extrême droite, actif depuis plus de trente ans, rassemble chaque année des militants venus rendre hommage à Sébastien Deyzieu, une figure devenue un symbole pour plusieurs mouvances néofascistes et néonazies françaises.

Comment est né le "Comité du 9-Mai" ?

Le "Comité du 9-Mai" trouve son origine dans un événement survenu le 7 mai 1994. Ce jour-là, le Groupe union défense (GUD) organise une manifestation contre "l'impérialisme américain" et les commémorations du débarquement allié, rappelle le sociologue Emmanuel Casajus dans Le Monde. La manifestation étant interdite, un militant de 22 ans, Sébastien Deyzieu, membre du groupuscule pétainiste "l'Œuvre française", chute mortellement d'un immeuble parisien en tentant d'échapper à la police. Deux jours plus tard naît le "Comité du 9-Mai", destiné à entretenir sa mémoire.

Au fil des années, le rassemblement s'est imposé comme un rendez-vous majeur de l'extrême droite radicale française et européenne. Les premières marches étaient organisées par le Front national de la jeunesse, le GUD et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires. Plusieurs groupuscules s'y sont ensuite succédé, du Renouveau français au Bastion social, dissous en 2019, rappelle Politis.

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Saluts nazis et croix gammée

Longtemps marginal, le défilé a gagné en visibilité ces dernières années. En 2023, plusieurs centaines de militants défilent encagoulés avec des drapeaux ornés de croix celtiques. En 2025, près d'un millier de manifestants issus des mouvances néonazies, identitaires et nationalistes révolutionnaires battent le pavé parisien, selon BFMTV. Plusieurs participants avaient alors été filmés effectuant des saluts nazis ou arborant des symboles liés à l'idéologie néonazie.

Certains portaient notamment des tee-shirts évoquant l'idéologie nazie selon l'Agence France Presse, tandis qu'un manifestant était filmé en train d'arborer une croix gammée tatouée sur le bras (Libération). Ces éléments ont d'ailleurs été retenus par le tribunal administratif de Paris pour confirmer l'interdiction de l'édition 2026. Les juges ont également évoqué "un contexte politique tendu et très polarisé", ainsi qu'un risque élevé d'affrontements avec les groupes antifascistes.

La contre-manifestation antifasciste de protestation reste elle aussi interdite. Les autorités ont également mentionné la mort récente de Quentin Deranque, militant d'ultradroite décédé en février à Lyon après une rixe entre des militants d'ultra-droite et des militants d'ultra-gauche.

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