Collision mortelle entre deux avions à Pau-Idron
Le 1er mai 1975, un tragique accident s'est produit sur l'aérodrome de Pau-Idron, dans les Pyrénées-Atlantiques. Deux avions civils de l'Aéro-Club du Béarn sont entrés en collision à une vingtaine de mètres au-dessus de la piste. L'un des appareils, un Cessna-180, s'est écrasé au sol et a pris feu, entraînant la mort de ses quatre occupants.
Les circonstances de l'accident
L'accident a eu lieu à 16h35, sous les yeux de nombreux promeneurs venus profiter du temps estival du 1er mai. Plusieurs familles avec enfants assistaient aux évolutions des avions de tourisme et aux sauts de parachutistes civils. Deux appareils étaient en mouvement : un Cessna-150 effectuait un tour d'approche en vue d'atterrir, tandis qu'un Cessna-180 s'apprêtait à décoller.
À bord du Cessna-150 se trouvaient le pilote, Lilian Moana, et un passager. Le Cessna-180, homologué pour le largage de parachutistes, transportait quatre personnes : le pilote Jacques Levrero, 28 ans, dessinateur originaire de Périgueux et domicilié à Pau, ainsi que trois parachutistes : le sergent Jean-Louis Diebold, 21 ans, et deux civils, Georges Lecaudey, 48 ans, gérant de société à Odos, et Bernard Giraud-Chareyron, 21 ans, militaire en permission.
Le choc et ses conséquences
À environ vingt mètres au-dessus de la piste, les deux appareils se sont télescopés. Le Cessna-150 a réussi à se poser malgré un hauban brisé, mais le Cessna-180 s'est écrasé au sol et a explosé avant de prendre feu. Les pompiers de Pau sont rapidement arrivés, mais ils n'ont pu que constater la mort des quatre occupants, dont les corps calcinés étaient difficilement identifiables.
Réactions et causes
Albert Laune, président honoraire de l'Aéro-Club du Béarn, a déclaré : « Depuis 1945, date de la reprise de nos activités, c'est le premier accident de cette nature que nous avons à déplorer. » Le président de l'Aéro-Club, André Capdevielle, a ajouté : « Le malheur a voulu que les deux appareils se trouvent dans le même axe en pleine phase critique : celle où ils n'avaient pas assez de vitesse pour évoluer à leur guise. »
Selon le règlement aéronautique, l'avion en instance de décollage doit la priorité à celui qui atterrit. Le pilote du Cessna-180, malgré son expérience, aurait donc commis une faute. Cependant, un camarade de club a souligné des circonstances atténuantes : la piste n'était pas contrôlée, sans tour de contrôle pour donner des consignes, et le pilote pilotait un appareil à ailes hautes, offrant une visibilité réduite.



