À Carpentras, enquête pour provocation à la haine après des chants de "Maréchal, nous voilà !"
Carpentras : enquête pour provocation à la haine après des chants

Une commémoration sous tension

À Carpentras, dans le Vaucluse, une enquête pour provocation à la haine a été ouverte après que des chants de "Maréchal, nous voilà !" ont retenti lors d'une cérémonie commémorative. Cet incident, qui s'est déroulé le 11 mai 2025, a rapidement pris une tournure politique, opposant les différents bords sur l'interprétation de ces paroles.

Les faits

Lors d'une cérémonie officielle organisée par la mairie de Carpentras, un groupe de personnes a entonné le chant "Maréchal, nous voilà !", hymne du régime de Vichy. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, provoquant une vive émotion. Le parquet d'Avignon a immédiatement ouvert une enquête pour "provocation à la haine raciale" et "apologie de crimes contre l'humanité".

Réactions politiques

L'affaire a rapidement été récupérée par la classe politique. Le maire de Carpentras, Serge Andrieu (LR), a condamné ces chants, les qualifiant d'"inacceptables" et de "provocation". Il a annoncé que la ville se porterait partie civile. À l'inverse, certains élus d'extrême droite ont minimisé l'incident, évoquant une "maladresse" ou une "jeunesse qui ne connaît pas l'histoire".

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La gauche indignée

Les partis de gauche, notamment La France Insoumise et le Parti Socialiste, ont dénoncé une "banalisation de l'idéologie fasciste". La députée LFI de Vaucluse, Catherine Hilaire, a déclaré : "Ces chants sont une insulte à la mémoire des victimes de Vichy. Il faut que la justice fasse son travail et que les responsables soient punis."

L'extrême droite en défense

De leur côté, des figures du Rassemblement National ont tenté de détourner l'attention. Le député RN du Vaucluse, Jérôme Garnier, a estimé que "l'enquête est disproportionnée" et que "ces jeunes ne savent pas ce qu'ils chantent". Il a appelé à ne pas "diaboliser" les participants.

Une ville marquée par l'histoire

Carpentras n'en est pas à son premier incident lié à l'extrême droite. En 1990, la profanation du cimetière juif de la ville avait choqué la France entière. Ce nouvel épisode ravive les tensions mémorielles dans une commune où le Front National (devenu RN) a longtemps été influent.

Les suites judiciaires

L'enquête, confiée à la police judiciaire d'Avignon, devra déterminer les responsabilités. Les participants risquent jusqu'à 5 ans de prison et 45 000 euros d'amende pour provocation à la haine. Le parquet a indiqué que les investigations se concentrent sur l'identification des auteurs et l'analyse du contexte de la cérémonie.

Un débat national

Au-delà de Carpentras, cette affaire relance le débat sur la mémoire de Vichy et la résurgence de symboles collaborationnistes. Des associations de défense des droits de l'homme, comme la LICRA, ont salué l'ouverture de l'enquête, tandis que des historiens rappellent que "Maréchal, nous voilà !" est un chant explicitement lié à la Révolution nationale et à la collaboration avec l'Allemagne nazie.

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