Béziers : jugement d'un grand-père adoptif pour agressions sexuelles sur mineure
Béziers : procès d'un grand-père adoptif pour agressions sexuelles

Ce vendredi 26 juin, le tribunal de Béziers juge un homme de 79 ans pour des agressions sexuelles aggravées sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité. Le prévenu, Michel, est le mari de la grand-mère de la victime, Alex (prénom modifié). Les faits, débutés en 2012 à Agde, ont duré plusieurs années, jusqu'au dépôt de plainte en octobre 2018, alors qu'Alex venait d'atteindre la majorité.

Des abus répétés sous couvert d'éducation sexuelle

Selon la plainte, Michel caressait le corps et les parties intimes d'Alex alors qu'elle était nue. Il lui demandait de se déshabiller, ce qu'elle faisait avec réticence, en lui disant : "Si tu ne le fais pas, c'est que tu n'es pas normale." Il l'incitait également à sauter nue dans la piscine familiale et prenait des photos d'elle dans des poses provocantes. Sous prétexte de lui enseigner la sexualité, il lui aurait déclaré : "Avant de me dépuceler, il fallait que j'aie un minimum d'expérience." Il lui a aussi fait visionner un film pornographique.

Un silence familial et un long parcours judiciaire

Alex avait prévenu sa mère et sa grand-mère des abus, mais aucune mesure n'a été prise. Ce n'est qu'à l'approche de sa majorité qu'elle en a parlé à son père, qui l'a encouragée à porter plainte. L'expert psychiatrique a conclu qu'Alex ne présentait aucune tendance à la mythomanie et présentait des symptômes typiques de victimes d'agressions sexuelles précoces. Le pronostic dépendra des suites judiciaires et de la prise en charge thérapeutique.

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Le mis en cause a été mis en examen en décembre 2021, trois ans après la plainte, puis entendu par le juge d'instruction en décembre 2023. Il a reconnu des caresses, mais en contestant la nature sexuelle, affirmant qu'Alex se retrouvait nue sur le canapé pendant des leçons de maths. Il s'est dit "un peu débordé, mais sans sexualisation du corps de l'adolescente". L'expert psychiatrique a noté son déni, ajoutant : "Si sa culpabilité était démontrée, on pourrait concevoir qu'il a agi dans un contexte de promiscuité avec une adolescente vécue comme provocante."

La détresse de la victime et l'attente de justice

Me Luc Abratkiewicz, avocat d'Alex, a déclaré : "Rien, absolument rien n'aura été épargné à cette jeune femme. Il n'y a que son père qui la soutient depuis le début. Elle a été lâchée par sa mère et sa grand-mère, qui n'ont rien fait. Elle espère être enfin entendue, surtout par la justice, ce qui lui permettra de se reconstruire. Depuis des années, elle traverse un long, très long parcours judiciaire. Elle est fracassée par la vie, il faut l'aider à se rebâtir."

L'avocat de la défense, Me Mathieu Montfort, n'a pas pu être joint pour commenter. Le prévenu encourt une lourde peine pour agressions sexuelles aggravées sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité.

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