Deux jeunes sans casier jugés pour des braquages à domicile violents près de Nîmes
La cour criminelle de Nîmes examine ce lundi le cas rare de deux accusés sans antécédent judiciaire, impliqués dans une série de braquages à domicile particulièrement violents. Ces jeunes hommes, âgés respectivement de 18 et 19 ans au moment des faits, ont reconnu leur participation à des vols à main armée commis au printemps 2024 dans plusieurs villages du Gard.
Une mécanique criminelle répétée et traumatisante
Les faits se sont déroulés selon un scénario similaire à chaque fois : après avoir sonné à la porte de maisons isolées, les deux individus masqués pénétraient de force, l'un d'eux brandissant un pistolet. Les victimes, toutes des personnes âgées de 77 à 80 ans, se sont vues menacées avec l'arme posée sur la tempe, accompagnée de la phrase terrifiante : "Ne criez pas ou je vous tue".
Les malfaiteurs dérobaient systématiquement les espèces, les bijoux en or et les cartes de crédit. Parmi les objets volés figuraient une alliance portée depuis 45 ans et une chaîne en or, dernier souvenir d'un mari décédé. Les préjudices matériels s'accompagnent de traumatismes psychologiques profonds, comme l'a souligné un enfant de victime : "Sa mère a perdu son autonomie, elle conduisait, elle ne peut plus".
Une enquête minutieuse aboutissant à l'arrestation
L'enquête, menée conjointement par la brigade de recherches de Vauvert et la SR de Nîmes, a permis d'identifier et d'interpeller les deux jeunes majeurs. Leur profil surprend par leur jeunesse et leur absence totale de casier judiciaire avant ces événements. Aujourd'hui âgés de 20 et 21 ans, ils comparaissent pour la première fois devant une juridiction.
Plusieurs victimes ont fait le déplacement pour assister au procès, certaines mimant encore le geste de l'agression. La cour doit désormais trouver un équilibre délicat entre la gravité des faits - des vols avec violence sur personnes vulnérables - et la situation particulière de ces jeunes adultes sans passé judiciaire.
Un verdict attendu avec anxiété
Les deux accusés encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Leur défense pourrait s'appuyer sur leur jeunesse et leur absence d'antécédents pour demander une peine atténuée. Cependant, la violence des actes commis et le profond traumatisme infligé aux victimes pèsent lourd dans la balance.
La cour criminelle s'attache particulièrement à comprendre la personnalité de ces deux hommes et les circonstances qui les ont conduits à commettre ces actes. Le verdict, attendu avec anxiété par les parties civiles, devra envoyer un message clair tout en tenant compte de la possibilité de réinsertion pour ces jeunes délinquants primaires.



