Boxeurs condamnés pour viol en Thaïlande: 4 et 5 ans de prison
Boxeurs condamnés pour viol en Thaïlande: 4 et 5 ans

La cour criminelle de Paris a condamné jeudi soir deux boxeurs français à des peines de 4 et 5 ans de prison pour avoir violé une jeune femme, le 10 mai 2017, dans un camp d’entraînement de boxe à Bangkok, le Max Sport Gym. Les faits se sont déroulés en Thaïlande, mais les accusés ont été jugés en France.

Les peines prononcées

Benjamin S., 34 ans, a écopé de la peine la plus lourde : 5 ans de prison, dont 2 années probatoires. Il sera convoqué ultérieurement devant un juge pour organiser son incarcération. Yanis K., quant à lui, a été condamné à 4 ans de prison, dont 2 ans probatoires, une peine aménageable sous forme de bracelet électronique, ce qui lui permet de retourner boxer en Thaïlande.

Le parcours de la victime

Jade (le prénom a été modifié) avait 25 ans au moment des faits. Passionnée de boxe, elle s’entraînait à Paris et était partie pour un stage de boxe thaï du 30 avril au 21 mai 2017. Elle était la seule fille sur le camp de Bangkok. Son séjour a été écourté après la soirée du 10 mai, au cours de laquelle elle a été violée par les deux accusés.

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Les faits ont été en partie filmés par un troisième boxeur, Umer I., de nationalité belge. La vidéo, tournée lors d’une soirée alcoolisée, montrait des jeux de gages sportifs puis sexuels, avant des pénétrations dans le dortoir. Jade n’a conservé que quelques flashs de cette soirée, mais une infinie tristesse. Elle a déposé plainte à l’automne 2017, après avoir appris par une amie qu’une vidéo avait été tournée.

La défense des accusés

Les accusés ont soutenu lors du procès qu’il s’agissait d’un plan à trois avec une partenaire consentante. Ils ont avancé que Jade aurait pu les attaquer par honte après coup, ou par influence du mouvement #MeToo. Cependant, Jade a affirmé à la barre qu’elle était libre de ses choix sexuels, mais qu’elle avait clairement refusé un plan à trois avec des garçons. « Je peux être ivre morte, ça n’autorise personne à me violer », a-t-elle déclaré.

Les éléments de l’accusation

Malgré l’absence d’enquête en Thaïlande, plusieurs éléments ont crédibilisé l’accusation : les mensonges des accusés, des écoutes téléphoniques, des messages sur les réseaux sociaux, et la constance des déclarations de la plaignante. Une experte psychologue n’a décelé « absolument rien de délirant » chez Jade.

Les autres condamnations

Umer I., le boxeur belge qui a filmé la scène, a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour la vidéo, mais relaxé pour abstention d’empêchement de crime. Youssouf B., un boxeur français qui a diffusé la vidéo sans être présent le 10 mai, a été reconnu coupable mais dispensé de peine.

Les répercussions

La cour a tenu compte des neuf années écoulées et de l’absence de passé judiciaire des deux hommes pour ne pas prononcer de mandat de dépôt immédiat. Jade, aujourd’hui âgée de 34 ans et devenue infirmière en pédopsychiatrie, s’est adressée aux accusés avec calme : « Dans le viol il y a une forme de mort. J’espère que vous entendez ce que je dis sur la considération que vous avez des personnes et des femmes. Il faut vraiment que ça cesse, que les hommes comprennent qu’on n’est pas des objets ».

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