Le collège-lycée Betharram, établissement catholique situé à Lestelle-Bétharram dans les Pyrénées-Atlantiques, ferme définitivement ses portes à l'issue de l'année scolaire 2025-2026. La direction a annoncé la nouvelle aux familles le 30 juin 2026, invoquant des difficultés financières insurmontables et une baisse continue des effectifs.
Une décision brutale pour les familles
La fermeture a été officialisée lors d'une réunion avec les parents d'élèves et les enseignants. Selon la direction, l'établissement comptait 180 élèves cette année, contre plus de 400 dans les années 2000. Le déficit annuel atteignait 300 000 euros, rendant la poursuite de l'activité impossible malgré les aides de l'enseignement catholique.
« C'est un choc pour tout le monde. Nous avons appris la nouvelle il y a seulement deux semaines, et nous devons maintenant trouver une solution pour nos enfants », a déclaré Marie Dupont, mère de deux élèves scolarisés à Betharram.
Un transfert organisé vers d'autres établissements
Les autorités académiques, en lien avec la direction diocésaine, ont mis en place un plan de répartition des élèves. Les 180 élèves seront accueillis dans cinq établissements catholiques voisins : le collège Saint-Joseph à Pau, le lycée Saint-Dominique à Pau, le collège Notre-Dame à Orthez, le lycée Saint-Jean à Bayonne et le collège Saint-Louis à Tarbes.
Chaque famille a reçu une proposition de placement personnalisée, prenant en compte le niveau scolaire et les options suivies. Les transports scolaires seront adaptés pour faciliter la transition. « Nous avons travaillé main dans la main avec les établissements d'accueil pour que chaque élève trouve une place dans les meilleures conditions », a précisé le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Pierre Martin.
Un patrimoine éducatif qui disparaît
Fondé en 1896 par les prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram, l'établissement était l'un des plus anciens du département. Il avait connu son apogée dans les années 1960 avec plus de 600 élèves, avant de décliner progressivement face à la concurrence des établissements publics et privés de la région.
La fermeture suscite une vive émotion parmi les anciens élèves et le personnel. « Betharram, c'est une histoire de famille. Mon père y a été scolarisé, mes enfants aussi. voir ce lieu fermer est une déchirure », a confié Pierre Laborde, ancien élève et parent d'élève.
Des conséquences pour l'emploi local
La fermeture entraîne la suppression de 25 postes (enseignants et personnels administratifs). La direction diocésaine s'est engagée à reclasser les enseignants dans les autres établissements du réseau. « Nous ferons tout pour que chacun retrouve un poste à la rentrée », a assuré le directeur diocésain, le père Michel Larroque.
Les élus locaux regrettent cette décision. « C'est un coup dur pour notre territoire. Betharram était un acteur important de la vie locale, au-delà de l'éducation », a déclaré le maire de Lestelle-Bétharram, Jean-Marc Escalé.
Un avenir incertain pour le site
Le sort des bâtiments, qui s'étendent sur plusieurs hectares, n'est pas encore fixé. La congrégation propriétaire étudie plusieurs options, dont une vente à un promoteur immobilier ou une reconversion en centre de vacances. Les riverains espèrent que le site ne sera pas abandonné. « Ce lieu fait partie de notre patrimoine. Il serait dommage de le voir se dégrader », a ajouté le maire.
La fermeture de Betharram s'inscrit dans une tendance plus large de regroupement des établissements privés sous contrat en France, confrontés à des difficultés financières et à une baisse des effectifs dans certaines zones rurales.



