Bayonne : un jeune condamné après une course-poursuite en motocross en centre-ville
Un jeune homme de 19 ans a été condamné à 140 heures de travaux d'intérêt général par le tribunal judiciaire de Bayonne, suite à un refus d'obtempérer particulièrement dangereux survenu le 20 mars dernier dans le centre-ville. L'individu circulait sur une motocross 125 cc sans permis, sans assurance, avec une fausse plaque et sous l'emprise de cannabis lorsqu'il a été repéré par des motards de la police.
Une fuite éperdue à travers les rues de Bayonne
Vers 15 heures, à la vue des policiers, le jeune homme a immédiatement pris la fuite en grillant un feu rouge et en levant sa roue avant sur les allées Paulmy. Il a ensuite tenté de semer les forces de l'ordre en traversant le jardin Léon-Bonnat avec ses pneus cross, puis en roulant à près de 95 km/h devant la mairie de Bayonne.
Son parcours chaotique l'a conduit à :
- Frôler dangereusement des piétons
- Emprunter des pistes cyclables et des voies de bus
- Traverser le pont Mayou poursuivi par les policiers
- S'engager dans la rue Bourgneuf, zone piétonne, où un groupe d'étudiants a dû s'écarter au dernier moment
La collision avec un policier devant le lycée Paul-Bert
Un officier de police secours stationné devant le lycée Paul-Bert, ayant entendu l'appel radio de ses collègues, a fait évacuer les lycéens et passants avant de se placer sur la chaussée. Il a sorti son arme pour tenter d'arrêter le fuyard.
« Quand j'ai vu qu'il ralentissait, j'ai rangé mon arme. Il a soudainement accéléré et m'a percuté. Il m'a dit : 'Tu sais que tu ne peux pas tirer', avant de repartir avec un sourire », a témoigné le policier, blessé au bras lors de l'impact.
Le jeune homme, pour sa part, a déclaré au tribunal : « Je n'avais aucune intention de le narguer, je lui ai dit plutôt : 'Vous n'allez pas me tirer dessus quand même ?' ».
L'arrestation et le procès
Après avoir dévalé les escaliers du chemin de Mousserolles, le fugitif a finalement été arrêté sur l'avenue Duvergier-de-Hauranne. Peu connu de la justice, le prévenu résidant chez sa mère à Saint-Jean-de-Luz n'avait été condamné qu'à une mesure éducative pour violences lorsqu'il était mineur.
Lors de son procès le 9 avril, entouré de sa famille et de ses proches, le jeune homme de 19 ans s'est longuement excusé :
- « J'ai pris une mauvaise décision. J'ai agi sous la panique »
- « J'aurais pu percuter des gens sur ma route et gâcher leur vie »
- « Je m'excuse auprès de l'officier de police et je le remercie de ne pas avoir ouvert le feu sur moi »
Le ministère public a jugé ses regrets « sincères » mais a tout de même requis huit mois de prison avec sursis simple.
Un phénomène préoccupant selon l'avocat du policier
Me Bruno Lafitte, avocat du policier victime, a alerté les juges sur la recrudescence des refus d'obtempérer au Pays basque : « C'est le quatrième dans lequel j'interviens en quelques mois, il est temps que cela cesse ».
L'avocat de la défense, Me Thierry Sagardoytho, a pour sa part défendu son client en expliquant qu'il « n'est pas un malfaiteur » et qu'il s'est « enfoncé lui-même dans une situation de peur et de panique » à partir d'une simple infraction routière.
Le tribunal a finalement condamné le jeune homme à 140 heures de travaux d'intérêt général, avec interdiction de repasser son permis de conduire pendant les six prochains mois.



