Un rhumatologue du golfe de Saint-Tropez accusé de viols sous soumission chimique
Un rhumatologue ayant exercé pendant trois décennies dans le golfe de Saint-Tropez a comparu mi-mars devant l'Ordre des médecins du Rhône, suite à des accusations de viols sous soumission chimique. Une instruction judiciaire est actuellement en cours à Draguignan, dans le Var, où les faits se sont déroulés.
Le témoignage poignant de la victime
Lucie, une quadragénaire dont le prénom a été modifié pour préserver son anonymat, affirme avoir été victime de son médecin traitant. Atteinte d'une maladie de la moelle épinière lui conférant un statut d'invalidité, elle décrit un parcours du combattant depuis près de six ans. En 2020, elle a déposé une plainte pour viols sous soumission chimique contre ce rhumatologue varois bien implanté dans la région.
Selon son récit, la relation avec le praticien a débuté en septembre 2019, alors qu'elle n'était plus officiellement sa patiente depuis août. « L'emprise médicale s'est installée dans un flou pharmaceutique total », explique-t-elle. Le médecin lui aurait administré des médicaments provenant des États-Unis, payés en espèces, la plongeant dans un état second et une dépendance accrue. « Je n'avais plus mon discernement, et lui pouvait faire ce qu'il voulait de moi », ajoute-t-elle.
Un viol aggravé et des conséquences dramatiques
Le point de rupture est survenu en septembre 2020 avec un viol aggravé par étranglement. « J'ai vu la mort en face. Il fallait réagir », confie Lucie. Trois mois plus tôt, un enfant était né de ces rapports non consentis, que le rhumatologue a refusé de reconnaître. Après un premier classement sans suite de sa plainte, elle a réitéré en 2022 avec constitution de partie civile.
Depuis, le dossier est à l'instruction, et une confrontation difficile en juillet 2025 a conduit à l'hospitalisation de Lucie pour une syncope convulsivante due au stress. « Si j'avais su, je n'aurais jamais déposé plainte. Depuis ces faits, je n'ai plus une journée heureuse », soupire-t-elle, exprimant son désarroi face à la lenteur de la procédure.
La défense du médecin et les procédures en cours
L'avocat du rhumatologue, qui exerce désormais à Lyon, qualifie les accusations de « fantaisistes ». Il souligne que son client n'a jamais été mis en examen et que le classement sans suite de la première plainte prouve son innocence. « Avec cette recherche de médiatisation, cette dame tire ses dernières cartouches », affirme-t-il, précisant que le déménagement dans le Rhône est un choix professionnel et non une fuite.
L'Ordre des médecins d'Auvergne-Rhône-Alpes a tenu une audience disciplinaire le 14 mars, dont la décision, pouvant aller du blâme à la radiation, n'a pas encore été rendue. En l'absence de décision de justice définitive, le médecin reste présumé innocent.
Cette affaire met en lumière les défis de la justice face aux allégations de violences médicales, dans un contexte où la parole des victimes peine parfois à être entendue.



