Auto-stoppeur armé d'un pistolet à billes condamné à vingt mois de prison
Auto-stoppeur armé condamné à vingt mois de prison

Un homme de 31 ans a été condamné ce jeudi 21 mai à vingt mois de prison ferme pour avoir braqué avec un pistolet à billes un conducteur qui venait de le prendre en stop, en fin d'année 2025, du côté de Saint-Palais. « Voilà pourquoi je ne prends jamais personne en auto-stop », pourraient réagir certains à la lecture de ces lignes. L'affaire jugée ce jeudi 21 mai à Bayonne est digne d'un film qui tourne mal.

Les faits

Le 18 décembre 2025, vers 19 h 30, un homme de 47 ans s'est arrêté pour prendre un auto-stoppeur sur le bord de la route, à Bonloc, près de Saint-Palais, au Pays basque. Sur le trajet, l'auto-stoppeur, un homme de 31 ans, grand brun tatoué d'une larme sous l'œil gauche, tenait des propos incohérents. Il était alcoolisé et tenait une bouteille à la main. Il voulait rejoindre Saint-Jean-de-Luz.

En chemin, l'auto-stoppeur a sorti une arme d'un sac plastique et l'a pointée au niveau de la tête du conducteur, sans raison apparente. Il disait appartenir à la DZ Mafia, l'organisation criminelle des quartiers nord de Marseille. Il a alors rechargé l'arme, en reculant la culasse, tout en affirmant que son pistolet contenait des balles. En réalité, le jeune tatoué n'était évidemment pas un membre de la DZ Mafia et il tenait dans ses mains un pistolet… à billes.

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Le conducteur, lui, ne le savait pas. Au niveau de l'église d'Hasparren, cinq kilomètres plus loin, le quadragénaire a arrêté sa voiture et s'est enfui en courant. Le braqueur a ensuite pris la fuite, avant de discuter avec une passante puis de refaire du stop quelques minutes plus tard.

Témoignage de la victime

« Ce n'était pas une altercation banale. J'ai eu très peur mais heureusement j'ai gardé mon sang-froid. Sans cela, j'aurais pu perdre le contrôle de mon véhicule et m'écraser sur un platane », témoigne-t-il à la barre. « J'ai pensé que j'allais perdre la vie. J'ai vu la mort. Depuis, j'ai des angoisses, je pense aux possibilités que ma femme et mes enfants vivent sans moi. Ce n'était pas le cas avant », enchaîne-t-il, en racontant son traumatisme. Une expertise psychologique fait état d'un sentiment de « mort imminente ». Cinq jours d'ITT lui ont été prescrits.

Défense du prévenu

Face aux juges, le prévenu conteste les faits. « Je n'avais pas d'arme. Je reconnais avoir été menaçant verbalement mais je ne me souviens plus de ce que j'ai dit. J'étais alcoolisé », affirme-t-il. Lors de la perquisition, le pistolet à billes a été retrouvé chez lui. « Pas la bonne arme saisie », selon son avocat, Me Philippe Saladin, qui assure qu'il n'y a « aucune preuve » et que la simple déclaration de la victime ne « permet pas de caractériser les violences avec arme ». « Selon une témoin avec qui il a discuté juste après, il était gentil », appuie-t-il.

Profil psychiatrique et condamnation

La victime, non représentée par son avocat, se dit « lassée », après sept convocations à la gendarmerie et cinq au tribunal, l'affaire ayant été renvoyée à quatre reprises, en raison d'une expertise psychiatrique maintes fois repoussée. Elle n'a demandé que 1 000 euros de préjudice. Le ministère public a requis trente mois de prison, dont deux ans d'enfermement et six mois de sursis probatoire renforcé. Le prévenu est un récidiviste, sept fois condamné pour des vols, menaces de mort, port d'arme, stupéfiants et violences conjugales. Son profil psychiatrique interroge mais aucune altération du discernement n'a été relevée. Le tribunal l'a condamné à vingt mois de prison ferme.

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