Un bénéficiaire du RSA aux ressources mystérieuses
Un homme de l'arrière-pays grassois, bénéficiaire du RSA, a comparu ce jeudi 18 juin devant le tribunal de Grasse pour acquisition et détention non autorisée de stupéfiants ainsi que pour blanchiment d'argent. Malgré ses déclarations affirmant qu'il n'avait pas récidivé depuis une précédente condamnation pour culture et vente de cannabis, les enquêteurs ont découvert des éléments troublants.
Des signes extérieurs de richesse
L'affaire a débuté suite à un renseignement anonyme transmis au procureur de Grasse en juin 2025, indiquant que l'homme aurait repris ses activités illicites. Les investigations ont révélé un train de vie incompatible avec ses revenus déclarés : deux voyages en Grèce et en Corse, des factures d'électricité particulièrement élevées entre avril et juin 2025, et un compte bancaire créditeur de 110 000 euros. De plus, lors d'une perquisition, 49 000 euros en espèces ont été découverts, soigneusement emballés dans du cellophane et dissimulés dans le tabouret d'un piano.
Du matériel de fabrication et de la résine de cannabis
Les forces de l'ordre ont également mis au jour, dans une salle souterraine sous le jardin, un appareillage complet destiné à la fabrication de résine de cannabis, bien que vide. Les chiens de la brigade cynophile ont marqué la sortie de l'extracteur, suggérant la présence antérieure de cultures. Par ailleurs, 86 grammes de résine conditionnée en morceaux de 10 grammes ont été saisis dans le moteur de la piscine. Interrogé sur ce conditionnement, le prévenu a invoqué une consommation personnelle, mais le tribunal a souligné que les simples consommateurs ne conditionnent pas leur drogue de cette manière.
Des justifications peu convaincantes
Pour expliquer son épargne, l'homme a mentionné un héritage de son père et des voyages à bas coût, affirmant que « la Grèce, ça coûte pas cher ». Quant à l'argent emballé, il a prétexté vouloir éviter que les souris ne le mangent, et a justifié de ne pas l'avoir déposé à la banque par crainte d'une faillite. Son avocate, maître Mélanie Junginger Cristiani, a plaidé la passion de son client pour les légumes, expliquant les factures d'électricité élevées par l'éclairage nécessaire à ses cultures.
La décision du tribunal
La procureure Sophie Cornelius a requis deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis. Le tribunal de Grasse a finalement condamné l'homme à un an de prison à effectuer sous bracelet électronique, avec confiscation des scellés, y compris les sommes d'argent saisies.



