Deux animateurs périscolaires mis en examen et écroués pour violences sexuelles sur une vingtaine d'enfants
Une nouvelle affaire secoue le monde périscolaire parisien. Deux animateurs ayant exercé à l'école Saint-Dominique à Paris ont été mis en examen et écroués ce vendredi 23 mai, soupçonnés de violences sexuelles sur des enfants. L'information judiciaire ouverte porte sur des faits commis au préjudice d'une vingtaine d'enfants, selon le parquet. Les deux hommes, âgés de 52 et 44 ans, sont poursuivis pour des faits à caractère sexuel, notamment des viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, ainsi que pour exhibition sexuelle.
Les faits reprochés
Le premier suspect, né au Brésil, est poursuivi pour un certain nombre de faits dénoncés par plusieurs victimes, incluant des viols et agressions sexuelles. Le second, originaire du Cameroun, est mis en examen pour des agressions sexuelles sur plusieurs périodes et pour exhibition sexuelle. Une autre animatrice a été placée sous le statut de témoin assisté.
Les suspects contestent les accusations
Les deux mis en examen contestent fermement les faits. Les avocats du premier suspect appellent à la prudence, soulignant que l'emballement médiatique peut conduire à des erreurs judiciaires. Ils affirment que leur client a confiance en la justice pour établir son innocence. De même, les avocats du second suspect déclarent que leur client conteste l'ensemble des faits, qui ne sont étayés par aucun élément objectif.
Les dénonciations des enfants
Les mises en examen reposent principalement sur les déclarations des enfants. Un collectif de parents d'élèves de Saint-Dominique, nommé Les petits héros de Saint-Do, a exprimé sa fierté envers les enfants qui ont eu le courage de parler, malgré les menaces. Ils ont également exprimé leur colère envers les agresseurs et les institutions, accusant la ville de Paris et l'école d'avoir caché des signaux d'alerte.
Enquête en cours
L'information judiciaire concerne le périscolaire de trois écoles parisiennes : Saint-Dominique, Rapp et La Rochefoucauld, dans le VIIe arrondissement. Quarante-quatre enfants ont été auditionnés par la Brigade de protection des mineurs. Vingt d'entre eux ont été désignés comme victimes, tandis que vingt autres plaintes ont été écartées à ce stade, notamment parce que les enfants n'ont pas nommé leur agresseur. Mercredi, treize autres personnes avaient été interpellées puis remises en liberté faute de charges suffisantes.
Contexte parisien et national
D'autres procédures sont en cours dans la capitale, avec des violences présumées dans les accueils périscolaires. Selon le parquet, une centaine d'enquêtes concernent les écoles maternelles, une vingtaine les écoles primaires et une dizaine les crèches. Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a salué une accélération des enquêtes et a engagé un plan d'action de 20 millions d'euros pour le périscolaire. Par ailleurs, une enquête a été ouverte à Rouen pour des soupçons de violences sexuelles dans une crèche. Le scandale du périscolaire a également fait l'objet d'un livre enquête intitulé Les Rois du silence, qui dénonce le manque de formation des animateurs, la précarité, les méthodes de recrutement douteuses et l'absence de contrôle.



