Agressions sexuelles périscolaires à Paris : animateur relaxé
Agressions sexuelles périscolaires Paris : animateur relaxé

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé, mardi 7 juillet, la relaxe au bénéfice du doute d'un animateur périscolaire de 28 ans poursuivi pour agressions sexuelles sur sept enfants âgés de 5 à 6 ans, dans deux écoles du 13e arrondissement. Les faits, qui se seraient déroulés entre septembre et décembre 2023, avaient provoqué une vive émotion parmi les parents d'élèves.

Des accusations graves mais des preuves insuffisantes

L'homme, employé par la mairie de Paris en tant qu'animateur dans le cadre des activités périscolaires, était mis en cause par plusieurs enfants qui avaient décrit des attouchements lors de témoignages recueillis par la cellule d'accueil des mineurs de la police judiciaire. Cependant, les expertises psychologiques ont révélé des contradictions et une suggestibilité possible des jeunes plaignants.

« Le tribunal a estimé que les charges n'étaient pas suffisamment établies pour retenir la culpabilité, a déclaré Me Sophie B., avocate de l'animateur. Mon client a toujours nié les faits et cette relaxe met fin à un calvaire de deux ans. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un dossier complexe

L'enquête avait débuté en janvier 2024 après le signalement d'une mère d'élève. Plusieurs enfants avaient alors été entendus, et leurs témoignages, bien que concordants sur certains points, manquaient de précision sur les dates et les circonstances. Les avocats des parties civiles ont dénoncé une décision « incompréhensible » et ont annoncé leur intention de faire appel.

« Ces enfants ont eu le courage de parler, et on leur dit aujourd'hui qu'ils n'ont pas été crus, a réagi Me Jean D., représentant plusieurs familles. C'est un choc pour eux et pour leurs parents. »

Impact sur la confiance dans le périscolaire

Cette affaire a ravivé les inquiétudes des parents quant à la sécurité dans les structures périscolaires parisiennes. La mairie de Paris, qui avait suspendu l'animateur dès les premières accusations, a indiqué dans un communiqué qu'elle prenait acte de la décision de justice et qu'elle restait vigilante sur la protection des enfants. Selon des chiffres de l'Éducation nationale, environ 150 000 enfants sont inscrits dans les activités périscolaires à Paris, un dispositif qui emploie près de 10 000 animateurs.

Des précédents judiciaires

La relaxe au bénéfice du doute est une décision rare dans les affaires d'agressions sexuelles sur mineurs, où la parole de l'enfant est souvent centrale. En 2022, la cour d'appel de Paris avait confirmé une relaxe similaire pour un enseignant accusé d'attouchements, faute de preuves matérielles. Ces cas soulèvent des questions sur la manière dont la justice évalue les témoignages d'enfants en bas âge.

Le parquet de Paris dispose de dix jours pour faire appel. Les parties civiles espèrent que la cour d'appel pourra entendre de nouveaux éléments. En attendant, l'animateur relaxé reste sous le coup d'une interdiction d'exercer auprès de mineurs jusqu'à la clôture définitive de l'affaire.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale