Affaire Mika Kusama : une enquête relancée après 24 ans en Nouvelle-Calédonie
Vingt-quatre ans après la découverte du corps calciné de Mika Kusama, une touriste japonaise, le parquet de Nouméa a annoncé la réouverture de l'enquête. Cette décision, confirmée le 30 mars, intervient dans un contexte où de nouveaux éléments, liés à une agression récente, ravivent les espoirs d'élucider ce crime non résolu.
Les faits : un meurtre non élucidé depuis 2002
En mai 2002, le corps de Mika Kusama, âgée de 29 ans, a été retrouvé à moitié calciné sur l'île des Pins, en Nouvelle-Calédonie. Dissimulé sous des cailloux sur le rocher de Kanumera, le cadavre a été découvert quatre jours après sa disparition, alors qu'elle voyageait seule. Deux frères, Ambroise et Antoine Konh, ont été arrêtés peu après, mais ils ont toujours nié leur implication. Leur ADN n'a jamais été retrouvé sur les lieux ou sur les effets de la victime. Après avoir passé respectivement un et trois ans en détention provisoire, ils ont été définitivement acquittés en 2009.
Pourquoi l'enquête est-elle rouverte aujourd'hui ?
La réouverture du dossier est motivée par une agression récente survenue à l'île des Pins. Selon des sources concordantes, une personne aurait été contrainte de monter à bord d'une embarcation, la tête recouverte d'un sac, avant d'être abandonnée en mer, dans un contexte lié à l'affaire Kusama. Une plainte a été déposée, et les noms des protagonistes de cet incident apparaissent dans l'enquête initiale de 2002. Ces pistes avaient été citées par la défense des frères Konh mais ignorées par les enquêteurs à l'époque.
Des critiques sur la gestion initiale de l'affaire
Marie-Laure Fauche, avocate d'Ambroise Konh décédé en 2025, a dénoncé une enquête qualifiée de "gabegie". Elle évoque une scène de crime non gelée, des scellés contaminés et des pistes non exploitées. L'avocate des parents de Mika Kusama a également souligné les difficultés liées à l'omerta et aux solidarités familiales à l'île des Pins, qui ont entravé les investigations. Il a confié solliciter la réouverture du dossier à chaque nomination d'un nouveau procureur à Nouméa.
Cette relance judiciaire offre une lueur d'espoir pour résoudre une affaire qui a marqué la Nouvelle-Calédonie et reste emblématique des défis des enquêtes criminelles dans des contextes complexes.



