L’affaire Jubillar connaît un rebondissement majeur. Cédric Jubillar, condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025 pour le meurtre de son épouse Delphine, a formulé des aveux de culpabilité dans un courrier remis à son avocat, Me Pierre Debuisson, le lundi 6 juillet 2026. Il se dit prêt à indiquer l’endroit où il a dissimulé le corps de la victime. Ce revirement intervient quelques mois avant son procès en appel, prévu en septembre prochain.
La nuit de la disparition : des indices accablants
Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, Delphine Jubillar, née Aussaguel, disparaît mystérieusement du domicile conjugal à Cagnac-les-Mines (Tarn), alors que le couple est en instance de divorce. Le fils du couple, âgé de 6 ans à l’époque, raconte s’être levé en entendant une dispute et avoir vu ses parents se bousculer entre le canapé et le sapin de Noël. Cédric Jubillar a toujours nié cette version, affirmant que l’enfant « confond la soirée ». Deux voisines, résidant à 150 mètres, disent avoir entendu des cris de femme et des aboiements vers 23 h 00. L’accusé a minimisé ces témoignages.
La paire de lunettes de Delphine, déjà abîmée, a été retrouvée en trois morceaux sur le bar de la cuisine, une branche étant découverte derrière le canapé. Selon une double expertise, les dommages ont pu être causés par un poing d’adulte. Cédric a affirmé qu’elles étaient déjà cassées « depuis un moment ».
Le stationnement et les chiens : des contradictions
Plusieurs témoins ont indiqué que Delphine garait toujours sa Peugeot 207 dans le sens de la montée du chemin. Or, le matin de la disparition, le véhicule a été retrouvé capot vers le bas, suggérant un déplacement nocturne. Cédric a d’abord déclaré ne pas savoir dans quel sens la voiture était garée, avant d’affirmer qu’elle l’était dans le sens de la descente dès la veille.
Concernant les chiens, Cédric a prétendu que Delphine les avait promenés vers 23 h ou minuit, comme chaque soir. Mais plusieurs témoins assurent qu’elle ne les sortait jamais la nuit par peur du noir. La lampe torche de son téléphone n’a pas été activée et la lampe frontale est restée dans la cuisine. Le téléphone de Delphine a borné près du domicile jusqu’à son extinction au matin, après plus de 150 appels de Cédric. Il n’a jamais été retrouvé. Celui de Cédric, contrairement à son habitude, a été éteint volontairement en soirée alors qu’il restait 40 % de batterie.
Menaces et confessions avant et après la disparition
En novembre 2020, Cédric a déclaré à sa mère : « J’en ai marre (de Delphine), je vais la tuer, je vais l’enterrer, personne ne la retrouvera ». Il a reconnu avoir dit cela sous le coup de la colère, mais a nié la fin de la phrase. À une amie de Delphine, il aurait confié être capable de la tuer si elle le quittait, propos qu’il dément. Il admet avoir dit à un ami « Je vais la tuer », une expression qu’il dit utiliser fréquemment.
En prison, il a confié à sa compagne et à un codétenu avoir enterré Delphine « près d’une ferme qui a brûlé », des propos qualifiés de « blagues » par l’accusé. Les fouilles n’ont rien donné. À une autre compagne, il aurait mimé une « clé de coude » en parlant d’étranglement, ce qu’elle a démenti.
Des aveux après la condamnation
Condamné en octobre 2025, Cédric Jubillar a finalement reconnu le meurtre dans un courrier à son avocat. « Il m’a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité », a annoncé Me Pierre Debuisson à La Dépêche du Midi. Il s’est dit prêt à révéler l’emplacement du corps. Ce retournement de situation intervient avant son procès en appel en septembre 2026.



