L'ancien président de la Fifa, Sepp Blatter, a vivement critiqué ce lundi 6 juillet l'annulation du carton rouge infligé à l'Américain Folarin Balogun, après un appel téléphonique de Donald Trump à Gianni Infantino. Balogun, qui avait été exclu lors du seizième de finale contre la Bosnie-Herzégovine pour avoir écrasé le pied du défenseur bosnien Muharemovic, pourra finalement être aligné face à la Belgique en huitième de finale.
Une ingérence politique dénoncée
Dans un message sur X, Sepp Blatter a déclaré : « Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils sont annulés par des règles, des preuves et des organismes indépendants. » Il a ajouté : « Si un président des États-Unis intervient auprès du président de la Fifa – et qu’un joueur est soudainement blanchi avant un match à élimination directe de la Coupe du monde –, la question est inévitable : Quo vadis, Fifa ? » L'ancien dirigeant suisse de 90 ans a conclu : « Le football ne doit jamais devenir un terrain de jeu pour le pouvoir politique. »
Des précédents et des critiques
Blatter, poussé à la démission en 2015 par une cascade de scandales, n'a jamais ménagé son successeur Gianni Infantino. En février dernier, il avait qualifié la Fifa de « dictature » dans le quotidien allemand Bild, affirmant que l'instance « se résume à son président ». Il avait également prédit que Trump « orchestrerait un coup de publicité » à l'occasion du Mondial-2026 et qu'il avait besoin de « son nouvel ami, le président de la Fifa, Gianni Infantino », tout en précisant que « le terme complice est plus approprié qu'ami ».
Réactions et conséquences
La décision de la Fifa, annoncée dimanche 5 juillet par un communiqué laconique, a suscité un tollé. La fédération belge a fait part de sa « stupéfaction » et a indiqué examiner « toutes les options potentielles ». Le sélectionneur français des Diables rouges, Rudi Garcia, a ironisé en conférence de presse : « Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la Fifa. »



