26 avril 1982 : un Jaguar s'écrase sur une voiture au Cap-Ferret
1982 : crash d'un Jaguar au Cap-Ferret, une conductrice tuée

Le drame du 26 avril 1982

Le 26 avril 1982 restera une date tragique pour la Gironde. Ce jour-là, un avion de combat Jaguar, en provenance de la base aérienne de Mérignac, s'est écrasé sur la route départementale 106 reliant Bordeaux au Cap-Ferret. L'appareil a percuté une voiture conduite par Danièle Guillebot, 34 ans, employée dans un laboratoire bordelais. La conductrice a été carbonisée sur le coup. L'avion a explosé à quelques mètres d'un dépôt de poudre, provoquant une vive émotion dans l'opinion publique.

Les circonstances de l'accident

Le Jaguar, biréacteur de combat franco-anglais, venait de décoller de la piste mixte de Bordeaux-Mérignac, utilisée à la fois par les avions civils et militaires. Son pilote, l'aspirant Wurtz, de la 3e escadre de Nancy, a rencontré des difficultés techniques peu après l'envol. Il a tenté de faire demi-tour pour atterrir, mais a dû s'éjecter avant d'avoir pu poser l'appareil. Le Jaguar, sans pilote, a alors plongé vers la route, décapitant une antenne de télévision et passant sous des fils téléphoniques avant de percuter la voiture de Mme Guillebot. Malgré un freinage désespéré, la conductrice n'a pu éviter l'impact.

Les réactions politiques et la polémique

Cet accident a ravivé une vieille polémique sur la présence des avions de combat Jaguar à Mérignac. Des élus locaux, comme Michel Sainte-Marie, député-maire de Mérignac, et Philippe Madrelle, président du Conseil régional, ont dénoncé le bruit et la dangerosité des appareils. Ils ont adressé des courriers au ministre de la Défense Charles Hernu. L'armée de l'air a pris des mesures, comme l'interdiction du « break » après 20 heures et la suppression de certaines manœuvres, mais a prévenu qu'un départ des Jaguar aurait des conséquences économiques lourdes, chaque avion représentant 300 emplois.

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Les précédents accidents

Depuis 1968, plusieurs accidents aériens militaires ont eu lieu dans la région, mais rarement avec des victimes civiles. En 1968, deux hélicoptères se sont heurtés à Saint-Pandelon, tuant cinq personnes. En 1976, un Fouga-Magister s'est écrasé à Saint-Martial-sur-Né, tuant le pilote. La même année, deux Vautours de Mérignac sont entrés en collision à La Chapelle-Largeau, faisant quatre morts et deux blessés. En 1980, un Wessmer-5 s'est écrasé à L'Isle-Noë, tuant trois passagers.

Les conséquences

Après l'accident, le mari de la victime, Guy Guillebot, a porté plainte pour homicide. Les autorités ont mis en place des mesures de sécurité supplémentaires, et le Conseil national du bruit a été saisi pour étudier les nuisances sonores. Malgré les polémiques, les Jaguar sont restés à Mérignac, l'armée de l'air estimant que les concessions possibles avaient été atteintes.

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